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Critique de film : Send Help (2026)

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Synopsis : Linda Liddle est maltraitée depuis toujours par son patron macho et sexiste, Bradley Preston. Leur relation conflictuelle atteint un nouveau degré lorsque Linda et Bradley se retrouvent coincés sur une île déserte, suite à l’écrasement en mer de l’avion privé qui les transportait. Pour ces deux collègues que tout oppose, l’heure semble venue de surmonter les griefs du passé et d’unir leurs forces pour tenter de survivre. Mais leur combat prend très vite la forme d’une ultime épreuve de force, où chacun tente de se venger de l’autre.

Ressenti : Le film s’attaque de front à des thèmes universels : la lutte des classes, le sexisme ordinaire, la revanche et l’instinct de survie mais les traite à la manière d’une comédie grinçante, où l’humour mordant se mêle à la cruauté. Sam Raimi reprend ici ses armes favorites : des gros plans exagérés, presque agressifs, qui transforment chaque gag ou accès de violence en uppercut visuel. Dans ce décor d’ironie et de chaos, Rachel McAdams livre une performance d’une audace rare. Elle se dépouille de toute coquetterie, renversant l’image glamour que Mean Girls avait gravée dans l’imaginaire collectif, pour incarner une héroïne aussi pathétique qu’imprévisible.

Le film n’est pas sans failles : il révèle un de ses rebondissements bien trop tôt, et sa dernière partie s’abandonne peut-être à une surenchère de gags et d’émotions. Pourtant, malgré ces excès, le résultat est irrésistiblement drôle. Raimi propose une relecture cruellement jubilatoire de Survivor et, à travers Linda Liddel, il s’amuse à imaginer que la douce et effacée McAdams cache un petit quelque chose de Kathy Bates à l’époque de Misery.

Rachel McAdams et Dylan O’Brien dans Send Help (2026)

Linda Liddel, interprétée avec justesse par McAdams, est une employée modèle mais invisible. Âgée d’une quarantaine d’années, elle travaille sans relâche chez Preston Strategic Solutions, une société dirigée par des jeunes cadres dynamiques obsédés par les apparences. Trop vieille pour être « cool », trop timide pour s’affirmer, Linda s’efface derrière des tenues ternes et des chaussures fonctionnelles. Son malaise social est tangible jusque dans ses tentatives maladroites pour s’intégrer, comme lors d’une soirée karaoké où elle croit faire sensation en chantant One Way or Another de Blondie , un titre qui pour ses collègues, jeunes « bros » de la génération Z, appartient à un passé totalement étranger.

Quand le fondateur de l’entreprise meurt, le poste de vice-présidente promis à Linda disparaît aussitôt. Son nouveau supérieur, Bradley (Dylan O’Brien), jeune héritier arrogant et diplômé d’école de commerce, reprend la société et confie la promotion… à son ami Xavier (Xavier Samuel), un beau parleur qui s’approprie sans scrupule le travail de Linda. Bradley tolère à peine sa présence mais la garde « à portée de main » pour qu’elle continue à faire le sale boulot numérique.

Critique de film : Send Help (2026)
CONCLUSION
« Send Help » est un thriller de survie nerveux, gore et noirement drôle, porté par un duo d’acteurs en feu, mais freiné par un scénario trop répétitif et une satire qui manque de crocs.
Note des lecteurs4 Notes
POSITIF
Rachel McAdams exceptionnelle : son jeu porte tout le film, rendant Linda à la fois émouvante, dangereuse et moralement ambiguë
Duo McAdams / Dylan O’Brien : leur relation de dominant/dominée qui se renverse sans cesse est le cœur du film, avec une vraie tension dans chaque regard et chaque silence.
Mise en scène de Raimi : crash aérien nerveux, violence outrancière presque grotesque, énergie pulp, mélange d’horreur, d’humour noir et de satire sociale très assumé.
Troisième acte solide : révélations, retournements et bascule plus franche vers le thriller, avec une fin marquante qui reste en tête
Ton jubilatoire : gore généreux, noirceur ludique, vraie volonté de divertir sans se cacher derrière une franchise ou un remake
NEGATIF
Scénario inégal : le film tourne parfois en rond, avec des motifs répétitifs et un script jugé moyen par plusieurs critiques.
Satire pas assez mordante : la critique du monde du travail, du « bad boss » et de la guerre des classes reste souvent en surface, alors que le concept permettait d’aller plus loin
Manque de personnages « aimables » : certains spectateurs ont du mal à s’attacher, ce qui peut créer une distance émotionnelle malgré les performances
Effets visuels parfois cheap : quelques plans de VFX font tache pour un réalisateur du calibre de Raimi.
Pas du « grand Raimi » : agréable, généreux, mais pas au niveau de ses œuvres cultes, ce qui laisse un léger goût de « petit Sam Raimi sympathique ».
3

Le scénario prend un tournant cruel lorsque Linda est contrainte de les accompagner en mission en Thaïlande. Son « prix de consolation » est une charge de travail colossale et une humiliation publique : son patron se moque d’elle devant sa fiancée mannequin (Edyll Ismail), et le groupe amuse sa morne traversée en regardant sur tablette une vieille cassette piratée de Linda dans sa tentative ratée d’audition pour Survivor. L’embarras atteint son comble… jusqu’à ce qu’un coup du sort change radicalement la donne. Leur jet privé s’écrase dans le golfe de Thaïlande, et seuls Linda et Bradley survivent, échoués sur une île déserte.

Rachel McAdams dans Send Help (2026)

C’est là que le film se transforme. Linda, passionnée depuis toujours par l’émission Survivor, se retrouve enfin dans la situation dont elle avait rêvé. Armée de connaissances de débrouille accumulées pendant des années, elle prend en main leur survie, alors que Bradley, incapable de se passer de confort moderne, s’effondre rapidement. Chaque geste, chaque ressource naturelle qu’elle utilise devient une revanche symbolique contre le mépris dont elle a longtemps été victime. Ce renversement de pouvoir, à la fois social, psychologique et genré, forme le cœur du film.

Le scénario de Damien Shannon et Mark Swift brosse un portrait amer mais attachant de cette anti-héroïne : une femme qu’on ne remarque pas, qui parle trop, se confie à son oiseau domestique et ignore combien le monde professionnel l’a reléguée à la marge. Pourtant, en l’isolant, la catastrophe révèle sa véritable identité avec une force tranquille, un humour féroce, et une détermination qui confine à la sauvagerie.

Aaron Shore, Xavier Samuel, Chris Pang, Dylan O’Brien et Nana Miya dans Send Help (2026)

Raimi, fidèle à sa patte visuelle, signe une mise en scène inventive : plans à l’extrême gros plan sur des détails absurdes (comme un grain de salade collé à la lèvre), cauchemars filmés avec un humour cauchemardesque, et un superbe plan drone surplombant Linda abandonnée sur la plage, clin d’œil direct à Castaway. Ces touches d’auto-dérision entretiennent un dialogue constant entre le classicisme hollywoodien et les technologies de cinéma actuelles, un mélange dont Raimi tire une vitalité rare.

Mais ce sont Rachel McAdams et Dylan O’Brien qui ancrent toute cette folie dans une vérité émotionnelle. O’Brien compose un jeune cadre sûr de lui, plein d’énergie nerveuse et de fausse empathie corporatiste, tandis que McAdams module la transformation de Linda avec une précision remarquable — d’abord écrasée par le regard des autres, puis lentement gagnée par une confiance vengeresse. Lorsqu’elle lâche, d’une voix tranquille : « On n’est plus au bureau, Bradley », le spectateur comprend que le renversement est total.

Dylan O’Brien dans Send Help (2026)

Le film, en pleine conscience de ses sous-textes féministes et satiriques, fait quelques clins d’œil lourds à la culture d’entreprise, mais Raimi parvient à en faire une étude de caractère drôle et féroce. On y retrouve la signature du réalisateur d’Evil Dead et de Spider-Man 2 : un mélange d’énergie, de grotesque assumé et de subversion. Ceux qui suivent Raimi depuis longtemps remarqueront sa fameuse Delta 88 cachée dans une scène du parking, et même un petit rôle offert à sa fille dans le bureau.

En fin de compte, Linda Liddel (titre fictif supposé) n’est pas une simple comédie de survie : c’est une démonstration de ce que le cinéma de genre peut produire quand il refuse de choisir entre rire, horreur et critique sociale. Un film à la fois noir, hilarant et déstabilisant, où Raimi montre qu’il n’a rien perdu de son esprit punk  et que Rachel McAdams, elle, n’a jamais été aussi libre de réécrire sa propre image.

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