Synopsis : Lorsque deux meilleurs amis autodestructeurs tuent accidentellement leur trafiquant de drogue, ils doivent fuir la ville. En s’arrêtant dans un magasin d’antiquités au bord de la route, ils découvrent rapidement que la femme plus âgée qui dirige l’endroit n’est pas aussi gentille qu’elle en a l’air.
« Oddities » fait un sans‑faute de producteur : le film de Tyler Savage, dérivé d’un court-métrage du même réalisateur, déboule en 2026 comme un mélange survolté d’horreur et de thriller, avec une prémisse simple mais efficace et une ambiance de « piège moral » qui s’accentue à mesure que le chaos s’installe. Après une première montre en avant‑première au Brussels International Film Festival à Bruxelles, le film s’annonce déjà comme l’un des titres de genre à suivre de l’année.
Synopsis et structure narrative
L’histoire suit deux amies, Rose et Makenna, deux jeunes femmes autodestructrices, droguées et à la dérive, qui tuent accidentellement leur dealer et décident de fuir la ville. En route, elles tombent sur une boutique d’antiquités et de curiosités en bord de route, tenue par une femme plus âgée qui semble d’abord prête à les aider… avant que la situation ne bascule dans une forme de survie violente et inattendue.
Durant tout le film, le scénario fait la bascule entre road‑movie urbain et huis clair glauque, avec une tension qui monte à mesure que les deux amies réalisent qu’elles sont passées « de la poêle à frire au feu » en se retrouvant coincées dans ce lieu aux énergies troubles. Tyler Savage exploite cette idée d’histoire de « base » pour construire une trame qui jongle entre thriller de survie, horreur psychologique et quelques virages presque grotesques, sans jamais perdre le fil de l’inquiétante ambivalence du lieu.
Casting, ambiance et ambiance de « curiosités »
À l’affiche, on retrouve Adrienne Barbeau dans le rôle de la propriétaire de la boutique, qui incarne à la fois une figure maternelle et une présence menaçante, jouant parfaitement la dualité entre accueil chaleureux… et menace sourde. Le duo de Lilimar et Lovie Simone, qui campent les deux amies, impose une dynamique presque toxique mais réaliste, ce qui renforce la sensation de descente aux enfers plutôt que de simple fuite policée.
Le décor de la boutique d’antiquités, rempli d’objets improbables et de bibelots aux allures surnaturelles, sert de véritable personnage secondaire au film. L’ambiance est proche de celle des « oddities » et cabinets de curiosités traditionnels, avec une lumière faible, des objets anciens, des histoires derrière chaque bibelot, ce qui donne au spectateur l’impression d’entrer dans un musée d’horreurs à la fois charmant et dangereux.
Style, rythme et ton
« Oddities » se distingue par une écriture qui joue sur l’imprévu : plusieurs chroniques soulignent que le film prend souvent un « virage » là où le spectateur ne l’attend pas, tout en gardant une certaine cohérence interne. Le rythme passe d’une lente tension presque intimiste à une violence presque chaotique, avec des scènes qui se déchaînent une fois que les règles implicites du lieu sont franchies.
Sur le ton, le film flirte entre sombre humour de genre, horreur cruelle et moments de pure survie, ce qui donne une expérience assez proche de certains thrillers de survie psychotiques, mais en gardant une touche de folie visuelle liée à l’univers des objets étranges. Le final, décrit comme assez surprenant, joue sur l’idée que la véritable menace ne vient pas seulement des personnages, mais aussi de l’endroit où ils se retrouvent piégés.

