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“Vintage Violence” : Cole Sprouse plongé dans le marché noir du denim et les Yakuzas à Tokyo

Le réalisateur de Spree entraîne Cole Sprouse et Kiko Mizuhara dans un thriller criminel entre denim vintage, marché noir et yakuzas à Tokyo.

Après Spree, Eugene Kotlyarenko poursuit son exploration d’une société obsédée par les écrans et les nouvelles formes de célébrité avec Vintage Violence. Porté par Cole Sprouse et Kiko Mizuhara, le film entraîne cette fois son cinéaste au Japon pour un thriller criminel particulièrement atypique, mêlant livestreaming, vêtements vintage, marché noir, yakuzas, romance et violence.

HorreurNews a récemment reçu le dossier de presse officiel de Vintage Violence, accompagné d’une proposition de screener du film. Une attention qui nous permet aujourd’hui de vous présenter plus en détail ce nouveau projet d’Eugene Kotlyarenko, actuellement en pleine circulation dans les festivals.

Présenté en première mondiale au Toronto International Film Festival 2026 dans la section Midnight Madness et également sélectionné par TIFF Next Wave, Vintage Violence affiche clairement son ambition : proposer un divertissement imprévisible puisant autant dans le cinéma criminel japonais que dans la culture numérique contemporaine. Le films sera aussi présenté en avant première Européenne au Stiges Festival 2026

Un livestreamer, des jeans vintage et les yakuzas

Cole Sprouse interprète Carter Tipe, un livestreamer tombé en disgrâce dont la vie prend une tournure inattendue lorsqu’il découvre dans une mine du Colorado une collection de jeans vintage particulièrement rares.

Une trouvaille qui est loin d’être anodine.

La valeur considérable de certaines pièces de denim américain auprès des collectionneurs japonais pousse Carter à suivre leur piste jusqu’à Tokyo. Sur place, il rencontre Izumi Adachi, incarnée par Kiko Mizuhara, une femme dont il tombe rapidement sous le charme sans réellement savoir quelles sont ses intentions.

Ce qui pourrait d’abord ressembler à une étrange aventure sentimentale se transforme alors en plongée dans un univers beaucoup plus dangereux.

Entre désir, trahisons, marché noir, guerres de territoire et yakuzas, Carter se retrouve entraîné dans une histoire dont les ramifications semblent également liées à un passé qui refuse de rester enterré.

Une intrigue pour le moins inhabituelle, directement née de deux centres d’intérêt du réalisateur.

Eugene Kotlyarenko explique avoir découvert les sommes considérables que certains collectionneurs japonais sont prêts à dépenser pour du denim américain ancien. Parallèlement, le cinéaste s’est intéressé aux vidéos d’exploration urbaine dans lesquelles des vidéastes découvrent parfois des objets abandonnés possédant une véritable valeur historique ou financière.

La rencontre entre ces deux mondes allait donner naissance à Vintage Violence.

Le réalisateur de Spree revient à la culture numérique

Eugene Kotlyarenko lors d'un événement pour *Vintage Violence* (2026)
Eugene Kotlyarenko lors d’un événement pour *Vintage Violence* (2026)

Le choix d’un livestreamer comme personnage principal n’a évidemment rien d’anodin venant d’Eugene Kotlyarenko.

Le cinéaste avait déjà poussé très loin son intérêt pour notre relation aux écrans avec Spree en 2020. Joe Keery y incarnait un chauffeur VTC transformant ses crimes en spectacle diffusé en direct dans l’espoir désespéré de devenir célèbre sur les réseaux sociaux.

Avec Vintage Violence, Kotlyarenko poursuit cette réflexion, tout en l’intégrant cette fois dans une véritable histoire de crime.

Pour le réalisateur, l’utilisation constante des smartphones et des réseaux sociaux a profondément modifié notre façon de regarder les images mais également notre manière de nous mettre nous-mêmes en scène.

L’objectif n’est cependant pas de réaliser un simple film sur Internet.

Kotlyarenko revendique au contraire une rencontre entre le langage traditionnel du cinéma et ces nouvelles formes visuelles devenues omniprésentes dans la vie quotidienne.

Et Vintage Violence semble vouloir pousser cette idée dans une direction particulièrement explosive.

Un hommage très personnel au cinéma japonais

Le Japon ne sert pas uniquement de décor au film.

Eugene Kotlyarenko présente Vintage Violence comme une véritable déclaration d’amour au cinéma japonais et notamment aux réalisateurs qui ont profondément influencé son travail.

Parmi les références revendiquées figurent Seijun Suzuki, Kinji Fukasaku, Shohei Imamura, Takashi Miike ou encore Juzo Itami.

Une liste qui permet déjà d’imaginer la tonalité du projet.

Le réalisateur évoque notamment les portraits rebelles de yakuzas de Suzuki et Fukasaku, les personnages marginaux d’Imamura ou Miike et l’humour particulier de Juzo Itami.

Plusieurs films ont également été montrés aux acteurs et à l’équipe avant le tournage, notamment The Insect Woman, The Man Who Stole the Sun, Under the Flag of the Rising Sun, The Graceful Brute, Cruel Story of Youth et Mermaid Legend.

Mais les influences de Vintage Violence ne s’arrêtent pas au cinéma japonais.

Kotlyarenko cite également Pulp Fiction, Alfred Hitchcock, Brian De Palma, Andrzej Żuławski ou encore Frantic parmi les œuvres et cinéastes ayant nourri le projet.

Le réalisateur Gakuryū Ishii, autre influence importante du cinéaste, apparaît d’ailleurs dans le film.

Un film volontairement maximaliste

Cole Sprouse et Kiko Mizuhara dans Vintage Violence (2026)
Cole Sprouse et Kiko Mizuhara dans Vintage Violence (2026)

Eugene Kotlyarenko décrit son cinéma comme maximaliste, et Vintage Violence semble bien décidé à pousser cette philosophie particulièrement loin.

Le cinéaste veut multiplier les événements, les ruptures de ton et les intrigues évoluant simultanément. Certaines séquences reposeraient notamment sur le montage parallèle de plusieurs histoires se déroulant au cours d’une même nuit.

Crime, action, romance et comédie doivent donc pouvoir cohabiter sans que le film choisisse véritablement un seul registre.

Kotlyarenko cite à ce propos des réalisateurs aussi différents que David Lynch, Pedro Almodóvar, les frères Coen ou Takashi Miike comme exemples de cinéastes capables de changer de tonalité tout en conservant une identité forte.

Même le titre Vintage Violence est pensé comme une promesse : celle d’un film conçu comme un véritable grand huit cinématographique.

Les costumes et les décors occupent également une place importante dans cette approche. Ce n’est évidemment pas un hasard dans une histoire où le vêtement constitue l’un des moteurs mêmes du récit.

Sophie Hardeman et Mari Miyamoto assurent les costumes, tandis que la direction artistique est confiée à Norifumi Ataka, notamment connu pour son travail sur Norwegian Wood, To the Ends of the Earth, Wife of a Spy, Happyend et My Sunshine.

Cole Sprouse dans la peau de Carter Tipe

Cole Sprouse
Cole Sprouse

Pour incarner Carter, Eugene Kotlyarenko s’est tourné vers Cole Sprouse.

Un casting auquel le hasard semble avoir largement contribué.

Le réalisateur raconte avoir rencontré l’acteur dans la rue quelques mois avant d’avoir terminé le scénario. Après une première conversation, il commence à imaginer Sprouse dans le rôle.

Lorsqu’il lui présente ensuite Carter comme un explorateur urbain découvrant de vieux jeans dans des lieux abandonnés, l’acteur lui révèle pratiquer lui-même l’urbex et photographier des endroits abandonnés depuis son adolescence.

Une coïncidence qui finit de convaincre Kotlyarenko.

Principalement connu du grand public pour son rôle de Jughead Jones dans Riverdale, Cole Sprouse est également apparu dans Five Feet Apart, Lisa Frankenstein et Moonshot.

Kiko Mizuhara au centre du mystère

Kiko Mizuhara
Kiko Mizuhara

Face à lui, Kiko Mizuhara interprète Izumi Adachi.

L’actrice devait répondre à plusieurs contraintes particulièrement importantes pour le personnage : parler couramment japonais et anglais, connaître intimement la société japonaise tout en comprenant également la culture occidentale.

Kotlyarenko explique qu’après avoir rencontré Mizuhara dans un café de Tokyo, les similitudes entre l’actrice et le personnage lui ont donné l’impression qu’Izumi avait presque été écrite spécialement pour elle.

Le réalisateur promet également de nombreuses transformations du personnage au cours de l’histoire, notamment grâce au travail effectué sur les costumes et son apparence.

Le casting comprend également Nijiro Murakami, notamment connu pour son interprétation de Chishiya dans Alice in Borderland, ainsi que Pierre Taki et Hio Miyazawa.

Une équipe technique particulièrement cinéphile

Derrière la caméra, Kotlyarenko s’est entouré du directeur de la photographie Sean Price Williams, figure reconnue du cinéma indépendant américain et réalisateur de The Sweet East.

Leur collaboration semble avoir été nourrie par une cinéphilie particulièrement boulimique.

Kotlyarenko raconte que les deux hommes terminaient régulièrement leurs journées de tournage en regardant des films jusque tard dans la nuit, passant notamment de Takashi Ishii à Gakuryū Ishii en passant par des œuvres beaucoup plus obscures.

L’idée était néanmoins d’éviter de reproduire directement l’esthétique d’autres films.

L’équipe devait absorber ces différentes influences pour construire une identité propre à Vintage Violence.

La musique originale est composée par Eli Keszler, tandis que le montage est assuré par Tucker Bennett et Sabrina Greco.

Entre capitalisme, désir et vêtements

Sous son intrigue volontairement extravagante, Vintage Violence veut également parler de plusieurs oppositions.

Kotlyarenko décrit lui-même son film comme une histoire autour de « l’amour et du capitalisme, des vêtements et du crime, de la tradition et de la modernité ».

Le denim vintage devient ainsi beaucoup plus qu’un simple prétexte scénaristique.

Le réalisateur établit un parallèle entre la création d’un vêtement et celle d’un film : deux formes artistiques soumises à une production industrielle mais au sein desquelles peuvent parfois apparaître des objets tellement singuliers qu’ils semblent avoir été créés contre toute logique commerciale.

C’est justement ce type d’anomalie que Kotlyarenko dit rechercher dans le cinéma.

Des films possédant un point de vue suffisamment fort pour devenir des œuvres singulières, parfois marginales, qui auraient peut-être mérité de rencontrer un public beaucoup plus important.

Reste désormais à découvrir si Vintage Violence rejoindra lui-même cette catégorie.

Avec son mélange de thriller criminel japonais, de romance, de satire numérique, de mode et de violence, le nouveau film du réalisateur de Spree possède en tout cas une identité difficile à confondre avec celle d’une production traditionnelle.

Vintage Violence : les informations

Vintage Violence est écrit et réalisé par Eugene Kotlyarenko.

Le film réunit Cole Sprouse, Kiko Mizuhara, Nijiro Murakami, Pierre Taki et Hio Miyazawa.

Cette coproduction entre les États-Unis et le Japon dure 105 minutes et comporte des dialogues en anglais et en japonais.

Sa première mondiale a lieu au Toronto International Film Festival 2026, où le film est sélectionné dans Midnight Madness ainsi que parmi les TIFF Next Wave Selects.

À l’heure actuelle, aucune date de sortie française ou belge n’est indiquée dans le dossier de presse.

HorreurNews devrait également avoir l’occasion de découvrir prochainement le film grâce au screener proposé par son équipe presse. Nous reviendrons donc sur Vintage Violence après visionnage.

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