
“The Cannibal” : Gustaf Skarsgård réalise un film d’horreur psychologique autour d’Ingmar Bergman
L’étrange histoire des « démons » enfermés dans le congélateur de Bergman
Gustaf Skarsgård, star de la série Vikings et frère d’Alexander et Bill Skarsgård, passe derrière la caméra avec The Cannibal, son premier long métrage en tant que réalisateur. Ce film d’horreur psychologique d’après Variety suivra un scénariste venu chercher l’inspiration sur l’île de Fårö, dans l’ancienne propriété d’Ingmar Bergman, avant de découvrir qu’une présence démoniaque semble vouloir l’empêcher de terminer son travail.
Le tournage de The Cannibal se déroule notamment sur l’île suédoise de Fårö, intimement liée à l’histoire personnelle et cinématographique de Bergman. Le film est écrit par Peter Birro, tandis qu’Ardalan Esmaili incarne le scénariste David et que Claes Ljungmark prête ses traits au légendaire réalisateur suédois.
The Cannibal : Gustaf Skarsgård signe son premier film comme réalisateur

Connu principalement comme acteur, notamment pour son rôle de Floki dans Vikings, Gustaf Skarsgård franchit une nouvelle étape de sa carrière avec The Cannibal.
Le projet constitue son premier long métrage derrière la caméra et l’emmène directement sur le terrain de l’horreur psychologique.
Un choix qui n’est finalement pas si surprenant quand on connaît la famille Skarsgård. Son frère Bill Skarsgård est désormais indissociable du cinéma de genre grâce à son incarnation de Pennywise dans Ça, mais également à ses apparitions dans Barbarian et Nosferatu, tandis qu’Alexander Skarsgård a notamment joué dans Infinity Pool de Brandon Cronenberg et la série True Blood.
Gustaf Skarsgård choisit cependant une voie très différente en s’attaquant à une figure majeure de l’histoire du cinéma : Ingmar Bergman.
Un scénariste confronté aux démons d’Ingmar Bergman

The Cannibal raconte l’histoire de David, un scénariste traversant une grave crise créative.
Vingt ans auparavant, celui-ci avait passé du temps sur l’île de Fårö en compagnie d’Ingmar Bergman. Désormais chargé d’écrire un film consacré à la vie du cinéaste, David décide de retourner sur les lieux en espérant retrouver l’inspiration.
Il compte notamment replonger dans les souvenirs de leurs conversations, parfois profondément troublantes.
Mais son séjour prend rapidement une tournure cauchemardesque.
Une mystérieuse présence démoniaque semble habiter l’île et paraît déterminée à empêcher David de terminer son scénario.
Le film promet ainsi de brouiller volontairement les frontières entre réalité, souvenirs, création artistique et surnaturel.
Ardalan Esmaili et Claes Ljungmark au casting de The Cannibal

Le personnage principal de David sera interprété par Ardalan Esmaili, notamment vu dans The Charmer et The Helicopter Heist.
Face à lui, Claes Ljungmark, connu entre autres pour Borg McEnroe, incarnera Ingmar Bergman.
Un rôle qui devrait dépasser la simple reconstitution biographique.
Dans The Cannibal, Bergman semble en effet devenir progressivement une figure presque mythologique : à la fois immense artiste, mentor, souvenir oppressant et incarnation des démons qui hantent le personnage principal.

Gustaf Skarsgård explique vouloir travailler précisément autour de cette immense influence laissée par le cinéaste suédois.
Pour le réalisateur, il semble impossible d’aborder Bergman sans se retrouver sous l’ombre gigantesque laissée par son cinéma. Le film cherchera donc, à l’image de son personnage principal, à se libérer de cette influence tout en utilisant certains des outils artistiques associés à son œuvre.
L’étrange histoire des « démons » enfermés dans le congélateur de Bergman

L’origine du projet est particulièrement fascinante.
Le scénariste Peter Birro a réellement rencontré Ingmar Bergman lorsqu’il était jeune auteur.
Durant son séjour sur Fårö, Bergman lui aurait parlé de ses « démons » avant de lui montrer l’endroit où ils étaient supposément enfermés : son congélateur.
Cette histoire est restée dans l’esprit de Birro pendant près de trente ans.
The Cannibal part donc d’une idée aussi simple qu’inquiétante : et si quelqu’un ouvrait finalement cette porte et libérait les démons de Bergman ?
Cette anecdote donne au film une dimension particulièrement personnelle. The Cannibal n’est pas simplement une fiction utilisant Bergman comme personnage, mais également une manière pour Peter Birro de revenir sur sa propre fascination pour le cinéaste et sur l’influence parfois écrasante que peut exercer un artiste sur ceux qui viennent après lui.
Ingmar Bergman, figure majeure de l’horreur psychologique

Même si Ingmar Bergman n’est pas généralement présenté comme un réalisateur de films d’horreur, son cinéma a profondément influencé le genre.
Son œuvre explore régulièrement la peur de la mort, la culpabilité, la religion, la solitude, la folie et la dissolution de l’identité.
Sorti en 1968, L’Heure du loup (Hour of the Wolf) constitue probablement son film le plus directement lié à l’horreur.
Le récit suit un peintre progressivement envahi par ses visions et ses démons intérieurs sur une île isolée. Réalité et hallucination deviennent alors pratiquement impossibles à distinguer.
Difficile de ne pas voir les liens avec le point de départ de The Cannibal.
L’île, l’artiste en crise, les souvenirs, la création et les démons réels ou imaginaires : le premier film de Gustaf Skarsgård semble vouloir réutiliser plusieurs obsessions de Bergman pour les transformer en véritable récit horrifique.
De Wes Craven à David Cronenberg : l’influence de Bergman sur l’horreur
L’influence d’Ingmar Bergman dépasse largement le cinéma d’auteur européen.
La Source, sorti en 1960, a notamment exercé une influence déterminante sur Wes Craven lorsqu’il réalise son premier long métrage, La Dernière Maison sur la gauche, en 1972.
Le principe narratif du film de Craven reprend largement celui de l’œuvre de Bergman, mais le transpose dans le cinéma d’exploitation américain particulièrement brutal du début des années 1970.
David Cronenberg a également cité L’Heure du loup parmi les œuvres ayant nourri son imaginaire cinématographique.
L’impact de Bergman peut aujourd’hui encore être retrouvé dans une grande partie de l’horreur psychologique moderne : personnages isolés, culpabilité, effondrement mental, visions cauchemardesques et ambiguïté permanente entre phénomène surnaturel et psychose.
The Cannibal semble donc vouloir revenir directement à l’une des sources de cette tradition.
The Cannibal sera tourné dans la propriété d’Ingmar Bergman à Fårö
Le choix du lieu de tournage donne encore davantage de poids au projet.
Une partie de The Cannibal est tournée à Fårö, l’île suédoise où Ingmar Bergman avait choisi de vivre et où il a réalisé plusieurs de ses films.
L’équipe bénéficie également d’un accès à des lieux directement associés au cinéaste grâce à l’autorisation de la fondation chargée de préserver son héritage sur l’île.
Le décor ne servira donc pas seulement de toile de fond.
Fårö devrait devenir un véritable personnage du film : un espace chargé de souvenirs dans lequel l’influence de Bergman semble impossible à fuir.
The Cannibal doit également être tourné dans la région de Västra Götaland.
Quand sortira The Cannibal ?
Aucune date internationale précise n’a encore été annoncée pour The Cannibal.
Le film doit cependant sortir dans les salles suédoises en 2027, avec Scanbox Entertainment chargé de sa distribution en Suède.
Le projet est produit par Anagram Sverige, avec notamment Film i Väst, Gotlands Filmfond et plusieurs partenaires scandinaves.
Reste désormais à découvrir jusqu’où Gustaf Skarsgård poussera son hommage cauchemardesque à Bergman.
Entre film d’horreur psychologique, portrait d’un artiste dévoré par son œuvre et méta-film sur le poids de la création, The Cannibal pourrait surtout proposer quelque chose d’assez rare : utiliser directement l’héritage d’un des cinéastes les plus influents du XXe siècle pour fabriquer une nouvelle histoire de fantômes.


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