
“Sickert” : László Nemes prépare une série sur Jack l’Éventreur et le mystérieux Walter Sickert
Le réalisateur de Son of Saul plongera dans le Londres de 1888 avec un thriller historique consacré au peintre Walter Sickert, longtemps associé aux théories sur l’identité de Jack l’Éventreur.
László Nemes, réalisateur oscarisé de Son of Saul, va coécrire et réaliser Sickert, une nouvelle série limitée consacrée à Walter Sickert peintre germano-britannique dont le nom a longtemps été associé à l’une des théories entourant l’identité de Jack l’Éventreur d’apresTHR. Situé dans le Londres de 1888 en pleine terreur de Whitechapel, ce thriller historique fera du peintre un personnage d’intérêt dans l’enquête de Scotland Yard, jusqu’à le pousser à douter de sa propre innocence.
Sickert : une série sur Jack l’Éventreur par László Nemes

Plus d’un siècle après les meurtres de Whitechapel, l’identité de Jack l’Éventreur continue d’alimenter livres, documentaires, films et théories en tout genre.
Cette fois, le célèbre tueur en série va revenir par l’intermédiaire de Sickert, un thriller historique développé autour du peintre Walter Sickert.
László Nemes sera à la fois réalisateur, coscénariste et producteur exécutif du projet. Le cinéaste écrira la série aux côtés d’Adam Baroukh.
La production sera assurée par Alexander Rodnyansky, nommé aux Oscars et notamment connu pour Leviathan et Faute d’amour, via sa société AR Content. Stuart Manashil et Michael Kupisk rejoignent également Nemes et Rodnyansky à la production exécutive.
Le cinéaste hongrois connaît particulièrement bien AR Content, la société ayant déjà produit son film Orphan.
Aucune plateforme de diffusion ni date de sortie de Sickert n’a encore été annoncée.
Walter Sickert devient suspect dans les meurtres de Whitechapel

L’histoire de Sickert se déroulera à Londres en 1888, alors que la capitale britannique est plongée dans la peur par une succession de meurtres particulièrement violents dans le quartier de Whitechapel.
La série suivra Walter Sickert, peintre qui évolue aussi bien dans les cercles artistiques et la haute société que dans les quartiers pauvres de Londres dont il aime représenter les habitants.
Une proximité avec les bas-fonds de la capitale qui va prendre une tournure beaucoup plus inquiétante lorsque Scotland Yard commence à s’intéresser à lui dans son enquête sur Jack l’Éventreur.
À mesure que les soupçons grandissent, la perception de la réalité de Sickert commence à vaciller. Le peintre finit même par remettre en question sa propre innocence et son identité.
Un dispositif particulièrement intéressant puisque la série semble moins vouloir résoudre définitivement l’énigme de Jack l’Éventreur que plonger le spectateur dans la psyché de son personnage principal.
László Nemes veut recréer le Londres gothique de 1888

Le choix de László Nemes derrière la caméra est loin d’être anodin.
Le réalisateur de Son of Saul explique être fasciné depuis son enfance par le mystère entourant Jack l’Éventreur et par l’atmosphère gothique du Londres victorien.
Son ambition avec Sickert est de raconter une histoire à la fois intime et épique, terrifiante mais également révélatrice, tout en immergeant le spectateur moderne dans un univers historique encore largement méconnu.
Le réalisateur devrait notamment s’appuyer sur des documents historiques ainsi que sur les peintures de Walter Sickert représentant les quartiers populaires de Londres.
Ce choix pourrait donner à Sickert une identité visuelle particulièrement sombre : rues brumeuses, logements étouffants, pauvreté de Whitechapel et contraste brutal avec les salons fréquentés par la bourgeoisie et les artistes de l’époque.
Un terrain idéal pour un thriller à la frontière du drame historique, du true crime et de l’horreur psychologique.
Walter Sickert était-il vraiment Jack l’Éventreur ?

C’est évidemment la question qui devrait planer au-dessus de toute la série.
Mais historiquement, il convient d’être prudent : Walter Sickert n’a jamais été identifié de manière certaine comme Jack l’Éventreur.
Le peintre s’intéressait effectivement beaucoup à l’affaire. Il réalisa notamment plusieurs œuvres associées à des crimes ou à l’imaginaire macabre de l’époque, dont le célèbre tableau Jack the Ripper’s Bedroom, peint au début du XXe siècle.
Son nom n’est toutefois devenu une théorie importante concernant l’identité du tueur que plusieurs décennies après les crimes.
L’une des défenseuses les plus célèbres de cette hypothèse reste l’écrivaine américaine Patricia Cornwell, qui a consacré plusieurs ouvrages à l’idée selon laquelle Sickert aurait pu être le meurtrier.
Cette théorie demeure très controversée.
De nombreux historiens et spécialistes de l’affaire considèrent les éléments présentés contre le peintre comme insuffisants, tandis que certaines recherches indiquent qu’il aurait passé une partie importante de l’année 1888 hors d’Angleterre.
Sickert semble justement vouloir exploiter cette zone d’incertitude plutôt que transformer l’hypothèse en vérité historique.
Jack l’Éventreur et les cinq victimes de Whitechapel

Les crimes attribués à Jack l’Éventreur ont commencé à terroriser Londres en 1888.
Parmi les nombreux meurtres commis dans le secteur de Whitechapel durant cette période, cinq victimes sont généralement regroupées sous l’appellation des « cinq canoniques » :
Mary Ann Nichols, Annie Chapman, Elizabeth Stride, Catherine Eddowes et Mary Jane Kelly.
Toutes ont été assassinées entre août et novembre 1888.
Le nombre réel de victimes de Jack l’Éventreur reste cependant inconnu. D’autres assassinats commis avant ou après cette période ont parfois été associés au même meurtrier sans qu’un consensus historique permette de les lui attribuer.
Même les célèbres lettres signées « Jack the Ripper » doivent être considérées avec prudence : leur authenticité reste débattue et rien ne prouve définitivement qu’elles aient réellement été rédigées par le meurtrier.
Cette absence de réponse définitive explique en grande partie pourquoi l’affaire continue de fasciner près de 140 ans plus tard.
De From Hell à Sickert, Jack l’Éventreur continue de hanter le cinéma

L’affaire Jack l’Éventreur a naturellement inspiré de très nombreuses œuvres fantastiques, horrifiques et policières.
L’une des plus célèbres reste From Hell, le roman graphique d’Alan Moore et Eddie Campbell, publié entre la fin des années 1980 et les années 1990.
L’œuvre proposait sa propre interprétation des meurtres de Whitechapel avant d’être adaptée au cinéma en 2001 par Albert et Allen Hughes.
Le film réunissait notamment Johnny Depp, Heather Graham, Ian Holm, Robbie Coltrane et Ian Richardson.
Contrairement à Sickert, From Hell ne faisait cependant pas du peintre Walter Sickert son suspect principal.
La future série de László Nemes pourrait donc explorer une facette beaucoup moins connue de la mythologie entourant le Ripper : celle d’un artiste fasciné par le crime, devenu lui-même plusieurs décennies plus tard l’un des noms régulièrement cités dans l’interminable recherche de son identité.
László Nemes, du Son of Saul au thriller historique Sickert
László Nemes s’est fait connaître internationalement avec son premier long métrage, Son of Saul, sorti en 2015.
Le film a notamment remporté le Grand Prix au Festival de Cannes ainsi que l’Oscar du meilleur film en langue étrangère.
Le cinéaste a ensuite poursuivi son travail sur des récits historiques avec Sunset, puis Orphan.
Cette approche devrait trouver avec Sickert un terrain particulièrement intéressant : reconstituer Londres en 1888 tout en conservant une mise en scène très proche de son personnage principal pourrait transformer l’affaire Jack l’Éventreur en véritable cauchemar psychologique.
Reste désormais à découvrir qui incarnera Walter Sickert, mais aussi quelle plateforme accueillera la série et quand le tournage pourra commencer.



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