Austin Abrams traverse Raccoon City sous une pluie de corps infectés dans une séquence qui confirme les ambitions particulièrement sanglantes du nouveau film.
Il fallait probablement quelque chose de plus marquant qu’une nouvelle bande-annonce pour montrer jusqu’où Zach Cregger compte pousser son Resident Evil 2026. Le premier véritable extrait du film vient justement de faire son apparition, et il ne laisse guère de doute sur la direction prise par le réalisateur de Barbarian et Weapons : cette nouvelle incursion à Raccoon City compte bien se salir les mains.
La séquence, relayée initialement par Bloody Disgusting, dure près de trois minutes et place Austin Abrams au centre d’une situation qui pourrait parfaitement sortir d’un cauchemar vidéoludique.
Son personnage, Bryan, se retrouve seul dans une rue alors que plusieurs infectés apparaissent au sommet des immeubles qui l’entourent. Ceux-ci ne cherchent pourtant pas à descendre jusqu’à lui. Ils sautent.
Les corps viennent s’écraser les uns après les autres sur la chaussée, éclatant dans des gerbes de sang tandis que Bryan tente de traverser cette véritable pluie humaine.
Resident Evil 2026 confirme le goût de Zach Cregger pour le gore

L’intérêt de la scène ne repose pas uniquement sur sa quantité d’hémoglobine.
Zach Cregger avait précédemment expliqué que cette séquence avait été pensée en grande partie autour d’effets physiques. Plutôt que de faire tomber entièrement les créatures en images de synthèse, l’équipe a notamment utilisé des poches de faux sang de taille humaine suspendues à des grues, larguées autour d’Austin Abrams pendant sa course.
Le dispositif nécessitait une synchronisation très précise entre l’acteur, le véhicule transportant la caméra et la chute des éléments. Une des poches, particulièrement lourde, aurait même été déclenchée trop tôt et serait tombée à quelques centimètres d’Abrams durant le tournage.
Un détail de production qui change quelque peu la perception de l’extrait : l’aspect brutal et désordonné de la scène ne provient donc pas seulement d’un habillage numérique réalisé après coup.
Il correspond surtout à la volonté de Cregger de donner une dimension très physique aux dangers rencontrés par son personnage.
Le réalisateur avait d’ailleurs prévenu que son film serait « le plus violent » qu’il ait réalisé jusqu’ici, allant jusqu’à présenter Resident Evil comme une aventure volontairement brutale et grotesque.
La classification américaine vient désormais accompagner ces déclarations : le film est officiellement classé R pour violence sanglante intense, gore et langage grossier.
Un héros qui n’a rien de Leon Kennedy ou Chris Redfield

Cette violence pourrait également fonctionner différemment de celle des précédentes adaptations cinématographiques.
Le Resident Evil de Cregger ne place pas un combattant expérimenté ou un personnage emblématique des jeux au premier plan. Austin Abrams incarne Bryan, un simple coursier médical entraîné malgré lui dans l’effondrement de Raccoon City.
Sony présente officiellement le film comme une histoire totalement inédite, écrite par Zach Cregger et Shay Hatten, scénariste notamment associé aux troisième et quatrième films John Wick.
Cregger a lui-même décrit Bryan comme quelqu’un qui n’a aucune véritable compétence de survie, très loin du profil des héros généralement contrôlés dans les jeux.
C’est probablement l’un des choix les plus intéressants de cette nouvelle adaptation.

Les films avec Milla Jovovich avaient progressivement transformé la licence en saga d’action spectaculaire, tandis que Resident Evil: Welcome to Raccoon City tentait en 2021 de reproduire plus directement plusieurs personnages, lieux et événements des premiers jeux.
Cregger choisit une troisième voie : utiliser l’univers de Capcom comme terrain de jeu, mais faire découvrir son apocalypse à travers quelqu’un qui n’est absolument pas préparé à l’affronter.
La scène dévoilée aujourd’hui illustre parfaitement ce principe. Bryan ne combat pas les infectés et ne cherche pas à accomplir une mission héroïque : il tente simplement de ne pas finir sous l’un d’entre eux.
Une adaptation qui veut retrouver le « survival » de Resident Evil
Cette approche pourrait finalement rapprocher le film de l’expérience originale de Resident Evil sans nécessiter une adaptation littérale des jeux.
Dans les premiers épisodes de la franchise, le joueur avance rarement avec le sentiment de dominer son environnement. Les munitions, les soins et les possibilités de fuite font partie intégrante de la tension. Cregger semble chercher un équivalent cinématographique de cette vulnérabilité en faisant de Bryan un homme ordinaire constamment dépassé par ce qui lui arrive.
Le réalisateur a également indiqué que son film ne chercherait pas à passer en revue méthodiquement toute la mythologie d’Umbrella ou du virus T. Son objectif est davantage de suivre la progression d’un personnage confronté à une succession de monstres et de situations de survie.
Ce premier extrait donne ainsi une idée assez claire de la philosophie du projet : moins de reproduction servile du jeu, davantage de sensations empruntées au survival horror.

Le casting comprend également Zach Cherry (Severance), Kali Reis (True Detective: Night Country), Paul Walter Hauser (Black Bird) et Johnno Wilson (Twisted Metal).
Pour le public francophone, une précision importante : alors que la communication américaine annonce le film pour le 18 septembre 2026, Resident Evil sortira au cinéma le 16 septembre 2026 en France, distribué par Metropolitan FilmExport. La branche belge de Sony Pictures annonce également le 16 septembre pour la Belgique.
À moins de deux semaines de sa sortie, cette pluie de corps constitue surtout la démonstration la plus convaincante jusqu’ici de ce que Cregger entend par « réinventer » Resident Evil : ne pas simplement remettre Raccoon City et ses monstres à l’écran, mais chercher une manière différente de faire ressentir au spectateur qu’il vient d’entrer dans un endroit où absolument tout peut le tuer.
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