Le film La Colline a des Yeux (1977) de Wes Craven puise dans une légende écossaise macabre : celle de Sawney Bean, un hors-la-loi du XVIe-XVIIe siècle qui vivait en recluse dans une grotte avec sa famille incestueuse. Ils auraient dévoré plus de 1 000 voyageurs sur 25 ans, accumulant des dépouilles et des ornements humains. Craven s’en inspire pour créer une famille mutante cannibale attaquant des touristes dans le désert.

D’après The Newgate Calendar, Alexandre Bean serait né dans l’East Lothian au XVIe siècle. Son père était fossoyeur et tailleur de haies. Il épousa une femme qui partageait ses tendances et le couple s’installa dans une grotte de la côte située sur une route entre les communes de Girvan et Ballantrae, non loin de Galloway (South Ayrshire) où ils vécurent près de 25 ans. Leurs nombreux enfants et petits-enfants naquirent majoritairement d’unions incestueuses.
La bande a compté jusqu’à huit fils, six filles, dix-huit petits-fils et quatorze petites-filles. Ils survécurent grâce à des embuscades, des enlèvements et autres meurtres de groupes. Les Bean n’étaient pas connus des villages voisins, leurs méfaits étaient pratiqués nuitamment et les restes retrouvés par les villageois sur les plages n’étaient pas chose rare ; par ailleurs, le lynchage de nombreux innocents par les citoyens n’a jamais réussi à arrêter ou dissuader les Bean.

Une nuit, les Bean embusquèrent un couple revenu d’une foire dont l’époux s’avéra un opposant féroce, pistolet et épée à la main. Les attaquants blessèrent mortellement l’épouse et le mari dut la vie sauve à l’arrivée d’un groupe de forains qui mit les Bean en fuite : leur existence fut ainsi révélée à tous. Le roi Jacques VI eut bientôt écho de la bande et mit à leur poursuite une troupe de 100 à 400 hommes et plusieurs chiens qui retrouvèrent la grotte des Bean à Bennane Head.
Le clan fut capturé vivant et transporté, fers aux pieds, à la prison Tolbooth d’Édimbourg, puis à Leith ou Glasgow, où ils furent exécutés sans procès : on coupa les parties génitales des hommes, qui furent condamnés à saigner jusqu’à ce que mort s’ensuive. Les femmes et les enfants furent condamnés à assister au spectacle et brûlés vifs.

Girvan, ville située près de la grotte des crimes des Bean possède son histoire de cannibalisme : une des filles des Bean avait quitté le clan et s’y était installée, où elle aurait planté le Hairy tree. Après la capture de sa famille, l’identité de la fille Bean fut révélée ; elle fut capturée et pendue au Hairy Tree.

Liens avec le remake d’Alexandre Aja (2006)

Le remake français d’Aja accentue l’aspect “basé sur des faits réels” en déplaçant l’action dans un désert irradié (référence aux essais nucléaires US), fusionnant Sawney Bean avec des mythes miniers cannibales. La famille mutante y est plus bestiale, renforçant l’horreur viscérale. Aja cite explicitement des légendes comme celle des mineurs cannibales du Colorado pour crédibiliser le récit.

Pourquoi cette “histoire vraie” fascine

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Authenticité choquante : Même si exagérée, la légende de Bean suggère que l’horreur cannibale existe hors fiction, boostant l’angoisse.
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Thèmes universels : Isolement, inceste, survie – miroirs des peurs sociétales (familles dysfonctionnelles, zones oubliées).
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Impact culturel : Le film a influencé The Hills Have Eyes en série, jeux vidéo et memes horreur.

