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“The Mandela Catalogue” : Le film d’horreur sortira au cinéma en juin 2028

Né sur YouTube et devenu l’une des références de l’analog horror, The Mandela Catalogue passera au long métrage sous la direction de son créateur Alex Kister, avec Steven Spielberg parmi les producteurs.

L’Horreur analogique n’est plus seulement une curiosité née sur YouTube. L’un de ses représentants les plus connus s’apprête désormais à passer à une toute autre échelle : le film The Mandela Catalogue sortira dans les salles américaines le 9 juin 2028.

La date a été annoncée le 11 septembre 2026 par United Artists, Amazon MGM Studios et Amblin Entertainment. Deadline, dont l’information a notamment été relayée par plusieurs médias américains, confirme qu’Alex Kister réalisera lui-même le long métrage à partir d’un scénario écrit avec Tyler Clifton. Steven Spielberg est impliqué dans le projet en tant que producteur par l’intermédiaire d’Amblin Entertainment — et non comme réalisateur.

Cette simple date de sortie dit déjà beaucoup sur les ambitions entourant le projet. The Mandela Catalogue n’est manifestement pas envisagé comme une petite adaptation destinée à une plateforme ou comme un prolongement réservé aux fans de la websérie. Le film bénéficie d’une véritable fenêtre cinéma, presque deux ans avant sa sortie.

The Mandela Catalogue film : du phénomène YouTube au projet de studio

Créé par Alex Kister en 2021, The Mandela Catalogue s’est progressivement imposé comme l’un des titres emblématiques de l’analog horror, cette branche de l’horreur qui détourne les codes des vieilles VHS, émissions éducatives, messages d’alerte et vidéos institutionnelles pour installer un sentiment de malaise.

Son univers se déroule principalement dans le fictif Mandela County, dans le Wisconsin. Il y est question des Alternates, des entités capables d’imiter l’apparence humaine et d’exercer une pression psychologique terrifiante sur leurs victimes.

Mais le phénomène dépasse largement son point de départ artisanal. Bloody Disgusting rapporte que les épisodes officiels de The Mandela Catalogue ont dépassé les 100 millions de vues, faisant de la création de Kister l’une des licences originales d’analog horror les plus importantes apparues sur YouTube.

Cette popularité a provoqué une véritable bataille à Hollywood. Selon Bloody Disgusting, Amblin Entertainment, United Artists et Amazon MGM Studios ont décroché les droits après une compétition impliquant onze studios. Steven Spielberg et Holly Bario produisent pour Amblin, tandis que Scott Stuber et Nick Nesbitt représentent United Artists. Aaron B. Koontz participe également à la production pour Paper Street Pictures. Alex Kister et Tyler Clifton sont eux aussi producteurs du film.

Pour une propriété née de vidéos expérimentales réalisées avec des moyens extrêmement réduits, le changement d’échelle est considérable.

Le plus gros défi sera de ne pas trop expliquer

Le véritable intérêt du projet ne réside pourtant pas dans le nom de Spielberg affiché au générique.

Adapter The Mandela Catalogue implique de résoudre un problème que rencontrent peu de franchises horrifiques traditionnelles : comment transformer un récit volontairement incomplet et fragmenté en histoire de deux heures sans détruire ce qui le rend inquiétant ?

Une grande partie de l’efficacité de la série vient précisément de son absence d’explications immédiates. Le spectateur récupère des fragments d’informations à travers des vidéos de mauvaise qualité, des messages institutionnels détournés, des images fixes et des séquences qui semblent avoir été retrouvées plutôt que mises en scène.

Au cinéma, cette grammaire ne peut pas nécessairement être étirée telle quelle pendant toute la durée d’un long métrage. Mais expliquer trop clairement les Alternates, leurs origines ou les règles de cet univers pourrait également enlever au concept une partie de son étrangeté.

C’est probablement là que la présence d’Alex Kister derrière la caméra prend tout son sens. Hollywood ne confie pas simplement sa création à un autre réalisateur : le créateur original reste directement responsable de sa transformation en film.

Un ancien projet de scénario existe, mais le film garde encore son mystère

Alex Kister travaillait déjà sur l’idée d’un long métrage avant l’arrivée des grands studios.

Bloody Disgusting rappelait en juillet 2026 que le créateur avait précédemment évoqué un scénario centré sur plusieurs jeunes diplômés confrontés à une disparition et à une conspiration surnaturelle, avec un mélange de prises de vues traditionnelles et de found footage.

Un point mérite cependant d’être souligné : rien ne permet actuellement d’affirmer que cette ancienne version correspond au scénario définitif du film prévu pour 2028.

Les nouvelles annonces ne dévoilent pour l’instant aucun synopsis spécifique au long métrage et aucun casting n’a été communiqué. Il serait donc prématuré de présenter cette intrigue comme celle du film produit par Amazon MGM, United Artists et Amblin.

Cette absence d’informations pourrait d’ailleurs être révélatrice de la manière dont le projet est développé. Le studio dispose désormais d’une date précise, mais garde encore secrète la forme exacte que prendra l’adaptation.

Hollywood regarde désormais sérieusement du côté de l’horreur née sur Internet

Le cas de The Mandela Catalogue dépasse également la seule œuvre d’Alex Kister.

Pendant longtemps, les créations horrifiques apparues sur YouTube, Reddit ou dans les communautés consacrées aux ARG étaient surtout considérées comme des phénomènes propres à Internet. Leur esthétique très rudimentaire semblait presque incompatible avec la logique des grandes productions.

Cette frontière est de moins en moins nette.

The Backrooms, autre phénomène majeur de l’horreur Internet, fait notamment partie des projets ayant contribué à attirer l’attention des studios sur cette génération de créateurs. Bloody Disgusting souligne justement cette évolution récente d’Hollywood vers des propriétés horrifiques disposant déjà d’importantes communautés en ligne.

The Mandela Catalogue représente toutefois un test particulièrement intéressant. Son pouvoir horrifique repose moins sur un monstre immédiatement identifiable que sur une accumulation de détails anormaux, de visages presque humains et de documents donnant l’impression qu’une catastrophe est déjà en cours.

Reproduire une image inquiétante sur grand écran sera probablement la partie facile.

Reproduire le sentiment que quelque chose ne va pas dans la réalité elle-même sera autrement plus compliqué.

Avec Alex Kister aux commandes, le film dispose au moins d’un avantage déterminant : celui qui connaît le mieux les règles de cet univers sera également celui chargé de décider lesquelles doivent rester inexpliquées.

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