
“Siren Head” : le film de Zach Cregger veut dépasser le phénomène Internet
Warner Bros. prépare l’adaptation de la créature imaginée par Trevor Henderson. Mais pour Zach Cregger, sa célébrité sur Internet ne suffira pas : le film devra d’abord tenir par son histoire.
Le film Siren Head ne devrait pas se contenter de reproduire à l’écran l’une des créatures les plus reconnaissables de l’horreur née sur Internet. Zach Cregger vient de donner une première indication sur la manière dont le projet est abordé avec Brian Duffield : avant le monstre, avant sa popularité et avant les milliards de vues accumulées autour de lui, il doit y avoir une histoire suffisamment solide pour fonctionner seule.
Une précision importante pour une adaptation qui part d’un matériau très différent d’un roman, d’un jeu vidéo ou d’une franchise de cinéma traditionnelle.
Créé en 2018 par l’artiste canadien Trevor Henderson, Siren Head est devenu célèbre grâce à une silhouette immédiatement identifiable : un humanoïde gigantesque et décharné dont la tête est remplacée par deux sirènes. Autour de cette image se sont ensuite développés dessins de fans, vidéos, jeux et récits qui ont progressivement transformé la créature en véritable légende numérique.
Hollywood entend désormais lui donner une autre dimension.
Le film Siren Head devra fonctionner sans le phénomène Internet

Dans un entretien accordé à Deadline, Zach Cregger explique que l’origine virale de Siren Head n’est pas ce qui l’a convaincu de participer au projet.
Le réalisateur de Barbarian et Weapons estime surtout que l’histoire développée pour le film est suffisamment forte pour justifier son existence indépendamment de la notoriété de la créature. Il résume lui-même l’idée simplement : le récit doit pouvoir « fonctionner par lui-même ».
Aucun synopsis n’a encore été dévoilé et Cregger ne donne aucun indice concret sur les personnages, l’époque ou la nature exacte de la menace. Impossible donc, à ce stade, de déterminer jusqu’où le film utilisera la mythologie déjà construite autour de Siren Head.
Son commentaire révèle néanmoins une intention assez claire : la reconnaissance immédiate du monstre ne doit pas devenir le scénario.
C’est probablement le principal piège d’une adaptation de ce type.
Siren Head possède déjà une apparence, une ambiance et tout un imaginaire sonore particulièrement cinématographiques. Mais contrairement à une franchise construite autour d’une intrigue bien établie, son identité s’est en grande partie développée à travers une multitude de créations et d’interprétations apparues en ligne. Cette liberté donne aux scénaristes énormément de possibilités, tout en les obligeant à construire un véritable récit autour d’une créature que beaucoup de spectateurs connaîtront déjà avant même d’entrer dans la salle.
Brian Duffield, un choix particulièrement intéressant derrière la caméra

Le projet réunit surtout deux cinéastes qui ont déjà montré leur intérêt pour des récits horrifiques reposant davantage sur une idée forte que sur une formule classique.
Zach Cregger coécrit le scénario après Barbarian et Weapons, tandis que son nouveau Resident Evil doit sortir en salles en septembre 2026. Son cinéma s’est jusqu’ici distingué par sa manière de changer brutalement de perspective et de détourner ce que le spectateur pense avoir compris de l’histoire.
Mais c’est Brian Duffield qui réalisera Siren Head.
Le cinéaste avait notamment signé No One Will Save You, invasion extraterrestre presque dépourvue de dialogues portée par Kaitlyn Dever. Il prépare également Whalefall, thriller de survie adapté du roman de Daniel Kraus.
Cette association peut permettre à Siren Head d’éviter une adaptation construite uniquement comme une succession d’apparitions du monstre. Duffield a déjà montré qu’il pouvait bâtir une histoire autour d’une présence menaçante avec relativement peu d’éléments explicatifs, tandis que Cregger semble justement vouloir partir d’un concept narratif avant de compter sur l’iconographie du personnage.
Il s’agit toutefois d’une lecture éditoriale : aucune information officielle ne permet encore de connaître le ton ou la structure du film.
Warner Bros. avait fortement misé sur Siren Head

L’intérêt du studio pour la créature ne semble pas anecdotique.
Warner Bros. a obtenu les droits de Siren Head durant l’été 2026 après une compétition impliquant cinq studios. Zach Cregger et Brian Duffield écrivent ensemble le scénario, tandis que Duffield doit assurer la réalisation.
Cregger produit également le film aux côtés de Roy Lee et Andrew Childs pour Vertigo Entertainment, Scott Glassgold pour 12:01 Films et Brian Duffield via Jurassic Party Productions. Trevor Henderson participe lui-même au projet en qualité de producteur exécutif.
Cette bataille pour les droits montre à quel point les studios s’intéressent désormais aux nouvelles formes de mythologies horrifiques apparues directement sur Internet. Siren Head possède à cet égard un avantage évident : sa silhouette peut être reconnue instantanément sans qu’un film, un livre ou une série télévisée l’ait initialement popularisée.
Mais cette force commerciale pourrait également devenir sa faiblesse si le long métrage se contente de transposer une image célèbre.
Les propos de Cregger prennent alors davantage de sens. Le défi ne consiste peut-être pas à expliquer qui est Siren Head, mais à inventer une histoire suffisamment forte pour que la créature cesse, pendant deux heures, d’être seulement une icône virale.
Et c’est probablement là que se jouera la véritable adaptation.
Personnes liées : Brian Duffield






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