L’Emprise, réalisé par Sidney J. Furie en 1982, s’inspire directement du cas de Doris Bither, une mère célibataire de Culver City, Californie qui a rapporté des agressions physiques et sexuelles par des entités invisibles dès 1974. Ce témoignage, documenté par des parapsychologues de l’UCLA, a conduit au roman de Frank De Felitta en 1978, base du film avec Barbara Hershey dans le rôle de Carla Moran, alter ego de Bither. Le film dramatise ces événements pour explorer la terreur d’une violence surnaturelle insaisissable, tout en questionnant la frontière entre réalité et hallucination.

Origines du cas Doris Bither

Doris Bither, mère de quatre enfants, vivait dans une maison insalubre et condamnée à Culver City, marquée par un passé d’abus, d’alcoolisme et de traumatismes infantiles. En 1974, elle contacte Barry Taff et Kerry Gaynor, étudiants en parapsychologie à l’UCLA, après les avoir entendus discuter dans une librairie ; elle décrit des phénomènes poltergeist et des viols répétés par trois entités : deux petites qui la plaquent au sol, une plus grande qui l’agresse sexuellement. Son fils aîné, Brian, corroborait les bruits de violence nocturne, tandis que les voisins rapportaient des perturbations similaires.

L’enquête parapsychologique

Du 22 août au 8 octobre 1974, Taff et Gaynor mènent une investigation de dix semaines avec une équipe de 30 personnes, observant des objets se déplaçant seuls, des lumières étranges, des odeurs nauséabondes et des zones froides. Lors d’une séance où Bither provoque les entités, des témoins voient un “brouillard vert” se former en torse humanoïde, mais les photos ne capturent que des arcs lumineux inexpliqués ; aucun enregistrement vidéo clair n’existe. Les phénomènes diminuent avec les visites, et une médium liée à Bither affirme communiquer avec les esprits asiatiques des enfants morts.
Du réel à l’écran : adaptations et controverses

Frank De Felitta, témoin des événements, publie The Entity en 1978, adapté en film où la maison est piégée scientifiquement en Arizona, scène fictive culminant l’intrigue. Le film omet certains détails comme les quatre enfants de Bither (trois dans le film) et exagère les preuves, mais conserve l’essence des agressions et du scepticisme scientifique. Critiques soulignent des biais : conditions de vie misérables, absence de preuves solides et possible auto-suggestion liée au stress familial.

| Aspect | Réalité (Doris Bither) | Film (Carla Moran) |
|---|---|---|
| Nombre d’enfants | 4, pères différents | 3, deux pères |
| Enquêteurs | Taff et Gaynor (UCLA) | Sniderman (fictif, sceptique) |
| Preuves | Lumières, objets mobiles, non filmés | Effets spéciaux, piège high-tech |
| Résolution | Phénomènes s’estompent | Bataille finale victorieuse |
Héritage et scepticisme actuel

Bither décède en 1999 sans résolution définitive ; Taff maintient la thèse paranormale, mais des analyses récentes invoquent “Haunted People Syndrome” ou biais confirmatoires. Martin Scorsese qualifie le film de l’un des plus effrayants, amplifiant sa légende dans l’horreur. Le cas reste controversé, mélange de témoignage poignant et d’absence de preuves irréfutables, influençant des récits comme ceux sur les poltergeists.

