
Interview exclusive de László Illés le réalisateur du film d’horreur “Ever After”
Le cinéaste revient sur son casting de légendes, ses effets pratiques, la sortie française du film et ses projets avec Mark Sheppard.
Avec Ever After, le réalisateur hongrois László Illés transforme les contes de fées de notre enfance en un cauchemar horrifique peuplé de personnages meurtriers. Disponible en numérique depuis le 27 octobre 2026, le film réunit notamment Kane Hodder, Bonnie Aarons, Michael Berryman, Mark Sheppard et Malcolm McDowell.
L’histoire suit un groupe d’amies venues célébrer un enterrement de vie de jeune fille dans un chalet isolé en forêt. Leur séjour tourne au cauchemar lorsqu’elles découvrent que les bois abritent des individus sanguinaires persuadés d’incarner les personnages de contes célèbres.
Le Grand Méchant Loup, la Sorcière ou encore le Roi Grenouille prennent ainsi une dimension autrement plus inquiétante que dans les livres pour enfants.
Mais derrière cette distribution impressionnante se cache une production indépendante réalisée avec des moyens modestes, une ambition particulière pour les effets spéciaux traditionnels et un projet que son réalisateur porte depuis plus de dix ans.
À l’occasion de la sortie internationale du film, László Illés a accepté de répondre en exclusivité aux questions de HorreurNews. Il nous raconte les difficultés de cette aventure, dévoile plusieurs informations inédites sur ses prochains projets et évoque notamment une possible suite à Ever After.
Entretien exclusif réalisé par HorreurNews. Réponses traduites de l’anglais vers le français.
1. Ever After : une idée née il y a plus de dix ans

HorreurNews : Tout d’abord, félicitations pour la sortie de Ever After ! D’où est venue l’idée originale ? Qu’est-ce qui vous a donné envie de transformer les contes de fées de notre enfance en une histoire d’horreur aussi sombre et violente ?
László Illés : L’idée m’est venue il y a plus de dix ans, en réalité. J’avais déjà rédigé quelques notes et un court synopsis présentant les grandes lignes de l’histoire, mais à l’époque, le concept ne suscitait pas beaucoup d’intérêt. Il était un peu trop inhabituel pour les personnes auxquelles je l’avais proposé.
Au fil des années suivantes, les films inspirés des contes de fées ont commencé à trouver leur place sur le marché, et j’ai senti que le moment était enfin venu de reprendre cette idée.
Elle était restée dans un coin de ma tête pendant toutes ces années. Pouvoir enfin lui donner vie a donc été incroyablement satisfaisant.
HorreurNews : Les contes de fées étaient souvent particulièrement dérangeants dans leurs versions originales, bien avant de devenir des histoires destinées aux enfants. Vous êtes-vous inspiré des récits les plus sombres des frères Grimm, ou souhaitiez-vous créer une mythologie entièrement nouvelle ?
László Illés : Absolument. C’est même l’une des principales raisons pour lesquelles ce concept me plaisait autant.
Nous avons tendance à associer les contes de fées à l’innocence de l’enfance, mais beaucoup de ces histoires originales n’avaient absolument rien d’innocent.
Il s’agissait de récits sombres, dérangeants, parfois réellement terrifiants, souvent remplis de cruauté et de violence.
Avec Ever After, je voulais revenir à ces racines beaucoup plus obscures, plutôt qu’aux versions familières et édulcorées auxquelles nous nous sommes habitués.
2. Un casting de légendes du cinéma d’horreur

HorreurNews : Votre film réunit une distribution exceptionnelle, avec Malcolm McDowell, Kane Hodder, Bonnie Aarons, Michael Berryman et Mark Sheppard. Comment avez-vous réussi à rassembler tous ces acteurs emblématiques et quelles ont été leurs premières réactions au projet ?
László Illés : Travailler avec des acteurs de ce calibre avait toujours été un rêve pour moi.
Je viens de Hongrie, un pays relativement petit, et même si j’avais déjà réalisé un film en anglais, je n’avais jamais vraiment imaginé avoir un jour l’occasion de diriger autant de stars emblématiques dans une seule production.
Nous avons tourné Ever After en plusieurs étapes, et la distribution s’est constituée progressivement.
Michael Berryman a été le premier à nous rejoindre, suivi de Kane Hodder. Bonnie Aarons est arrivée lors de l’étape suivante du tournage, puis j’ai réussi à convaincre Mark Sheppard de participer à la grande séquence finale du film.
Chaque fois qu’un nouvel acteur acceptait, cela me paraissait presque irréel. Je me souviens m’être dit que quelque chose dont je rêvais depuis des années était réellement en train de se produire.
Malcolm McDowell a été le dernier à rejoindre le projet. Il est intervenu pendant la postproduction pour prêter sa voix au Roi Grenouille.
Ce qui rend tout cela encore plus remarquable à mes yeux, c’est que Ever After a été réalisé avec un budget très modeste.
Je suis sincèrement reconnaissant envers ces acteurs extraordinaires d’avoir vu suffisamment de potentiel dans le projet pour accepter d’y participer. Leur implication représente énormément pour moi, aussi bien professionnellement que personnellement.
HorreurNews : Chacun de ces acteurs a marqué l’histoire du cinéma d’horreur ou du cinéma de genre. Aviez-vous imaginé leurs personnages pour des interprètes précis dès l’écriture, ou les rôles ont-ils évolué une fois les acteurs engagés ?
László Illés : Dès le départ, je savais que je voulais des acteurs reconnaissables dans le film.
Il y avait une raison très pratique à cela, particulièrement lorsqu’on réalise une production indépendante avec un petit budget.
Il faut trouver quelque chose qui attire l’attention du public et des distributeurs. Sans les moyens marketing d’un grand studio, réussir simplement à faire remarquer son film peut représenter un défi considérable.
Pendant le développement du scénario, nous avons donc volontairement créé certains personnages avec l’intention de confier ces rôles à des acteurs déjà établis.
Bien sûr, il y avait aussi une motivation beaucoup plus personnelle.
J’admirais tous ces comédiens depuis des années et travailler avec eux faisait partie de mes ambitions depuis très longtemps.
Le fait qu’ils aient tous finalement accepté de participer au projet a été une succession d’événements extraordinaires. Aujourd’hui encore, je mesure la chance que j’ai eue.
3. Le Grand Méchant Loup, la Sorcière et le Roi Grenouille revisités

HorreurNews : Kane Hodder incarne le Grand Méchant Loup, Bonnie Aarons interprète la Sorcière et Malcolm McDowell prête sa voix au Roi Grenouille. Comment avez-vous abordé la réinvention de ces personnages familiers pour les rendre véritablement effrayants ?
László Illés : Le Grand Méchant Loup et la Sorcière possèdent déjà des réputations plutôt sinistres. Nous disposions donc d’une base solide.
Le défi consistait à reprendre ces figures familières pour les rendre encore plus inquiétantes.
Nous avons essayé d’introduire des éléments supplémentaires de peur dans chaque personnage et, surtout, de les placer dans des situations qui renforceraient leur présence et rendraient l’horreur plus immédiate.
Mais ce que les acteurs ont apporté à ces rôles dépassait largement ce qui était écrit sur le papier.
Les voir donner vie à ces personnages a été une expérience extraordinaire. Leurs interprétations ont ajouté des dimensions et des nuances que je n’avais pas nécessairement anticipées.
Quant au Roi Grenouille, les grenouilles ne sont pas exactement des créatures qui inspirent de l’affection à tout le monde. En transformer une en personnage particulièrement désagréable n’était donc pas très difficile !
Cela dit, pour être juste envers lui, si l’on considère l’histoire de son point de vue, son comportement est finalement assez compréhensible. (Rires)
4. Entre slasher, fantastique sombre et humour noir

HorreurNews : Ever After mélange les codes du slasher, de la dark fantasy et du survival horror. Comment avez-vous trouvé l’équilibre entre ces différents genres tout en conservant une atmosphère de menace permanente ?
László Illés : Pour moi, il est très important que les spectateurs aient suffisamment de temps pour apprendre à connaître les personnages.
Plus vous vous attachez à quelqu’un, plus vous vous souciez de ce qui lui arrive et plus vous souhaitez désespérément le voir survivre.
Mais trouver le bon équilibre n’est jamais facile.
À partir de quand y a-t-il trop de dialogues ? Quand faut-il ralentir le rythme ? Jusqu’où doit-on montrer la violence, et à quel moment devient-elle gratuite plutôt qu’efficace ?
L’humour est également un ingrédient important dans Ever After.
En réalité, il y a des moments où je me dis que le film pourrait presque être décrit comme une comédie horrifique.
Au bout du compte, notre intention était de divertir les spectateurs.
Nous voulions créer quelque chose qui puisse faire peur, être parfois drôle et offrir un bon moment aux amateurs de cinéma de genre.
Quant à savoir si nous avons réussi à trouver le bon équilibre, je préfère laisser le public en juger.
5. Ever After : environ 95 % des effets spéciaux sont pratiques

HorreurNews : Les effets spéciaux traditionnels occupent une place particulière dans le cœur des amateurs d’horreur. Quelle importance avaient les maquillages, les prothèses et les effets gore physiques pour donner vie à l’univers terrifiant de Ever After ?
László Illés : J’ai toujours essayé d’utiliser le moins d’images de synthèse possible dans mes films, et Ever After n’a pas fait exception.
Je crois profondément à l’importance d’avoir des éléments physiquement présents sur le plateau chaque fois que c’est possible.
Cela change complètement l’atmosphère d’une scène.
Lorsque les acteurs peuvent réellement voir les décors, les créatures et les effets qui les entourent, et interagir avec eux, je trouve que cela permet souvent d’obtenir des performances beaucoup plus convaincantes.
Il y a aussi une considération très pratique.
Aujourd’hui, le public est habitué aux grandes productions des studios, avec des effets numériques presque irréprochables.
Essayer de reproduire ce niveau d’effets numériques avec le budget minuscule d’un film indépendant est extrêmement difficile.
Heureusement, notre histoire n’exigeait pas vraiment une telle approche.
Malgré ses origines liées aux contes de fées, nous voulions délibérément que l’univers de Ever After reste relativement ancré dans quelque chose de concret et de physique.
Environ 95 % des effets du film sont pratiques.
Nous n’avons utilisé des images de synthèse que dans une poignée de situations où cela était réellement inévitable.
6. Une forêt hongroise transformée en terrain de chasse

HorreurNews : L’histoire se déroule autour d’un chalet forestier isolé, un décor classique du cinéma d’horreur. Quelles ont été les principales difficultés du tournage dans cet environnement ? Avez-vous une anecdote particulièrement mémorable ou inattendue à raconter ?
László Illés : La forêt a toujours été un endroit où je me sens chez moi.
Je passe énormément de temps dans la nature et je voulais que cet environnement joue un rôle important dans le film.
L’une de mes intentions était d’éloigner les personnages de la sécurité de la civilisation le plus rapidement possible.
Même si l’histoire commence dans un chalet forestier, je voulais qu’ils se retrouvent exposés à une nature brute et imprévisible, où survivre à l’environnement lui-même devient une partie de leur combat.
Nous avons tourné le film en Hongrie, où les traditions architecturales sont assez différentes de celles des États-Unis.
Les chalets forestiers typiquement américains, construits en bois, ne se trouvent pas ici.
Nous avons finalement découvert un bâtiment plus moderne que nous pouvions utiliser.
Mais d’une certaine manière, cela renforçait mon intention initiale de déplacer l’action vers l’extérieur aussi rapidement que possible.
Pour moi, la forêt elle-même devait toujours être le véritable décor de l’histoire, bien davantage que le chalet.
7. Les difficultés d’un film d’horreur indépendant

HorreurNews : De nombreux réalisateurs indépendants doivent surmonter des difficultés créatives et financières considérables. Quel a été l’aspect le plus difficile de la production de Ever After ? Y a-t-il eu un moment où vous avez craint que le projet ne voie jamais le jour ?
László Illés : Le cinéma indépendant représente un défi énorme, et je ne pense pas qu’il serve à grand-chose de prétendre le contraire.
En tant que réalisateur, je dois constamment concilier ce que j’imagine avec ce que je peux réellement me permettre de montrer à l’écran.
Parfois, l’écart entre les deux est immense.
Le problème, c’est que les spectateurs attendent naturellement un certain niveau de qualité, quel que soit le budget du film.
Une place de cinéma ou une location numérique coûte à peu près le même prix, que l’on regarde une grosse production hollywoodienne ou un petit film indépendant.
Mais atteindre un niveau de production comparable avec une fraction des moyens est quasiment impossible.
Il faut donc faire des choix.
On apprend à déterminer où concentrer ses ressources, quels éléments sont les plus importants et comment compenser de manière créative ce que l’on n’a tout simplement pas les moyens de réaliser.
Avec Ever After, ma priorité absolue était de réunir cet incroyable groupe de légendes du cinéma d’horreur et du cinéma de genre.
C’était un élément sur lequel je refusais de faire des compromis.
Les voir tous réunis dans un même film a donné tout son sens aux difficultés que nous avons traversées.
J’espère que les spectateurs partageront une partie de cet enthousiasme.
Et peut-être que, s’ils apprécient les performances des acteurs et l’expérience proposée, ils accepteront de pardonner certains des compromis inévitables du cinéma indépendant.
8. Une autre approche des contes de fées horrifiques

HorreurNews : Le cinéma d’horreur connaît une vague de réinterprétations sanglantes de contes et de personnages de notre enfance, avec notamment Winnie-the-Pooh: Blood and Honey. Qu’est-ce qui distingue Ever After de ces productions ?
László Illés : Je pense que l’une des principales différences est que nous n’avons pas construit tout le film autour d’un ou deux personnages familiers.
Au contraire, nous avons réuni des éléments issus de plusieurs contes célèbres pour les intégrer à une seule et même histoire.
J’aimais l’idée que les spectateurs puissent retrouver différents personnages dont ils se souviennent depuis l’enfance, mais sous des formes auxquelles ils ne se seraient jamais attendus.
L’autre grande différence concerne notre approche du casting.
Nous voulions délibérément faire de Ever After un film de genre porté par ses acteurs, en réunissant des interprètes qui ont laissé une empreinte durable sur le cinéma d’horreur et la culture populaire.
C’est cette combinaison entre des figures familières des contes de fées et des acteurs emblématiques qui constituait véritablement le cœur de notre projet.
9. Une sortie numérique en France et en Belgique avec des sous-titres français en préparation

HorreurNews : Le film arrive maintenant auprès du public international, notamment des amateurs d’horreur européens. Une sortie plus large est-elle prévue en France et en Belgique ? Seriez-vous intéressé par une présentation dans des festivals européens spécialisés dans le cinéma de genre ?
László Illés : Mes précédents films ont remporté de nombreuses récompenses dans des festivals internationaux, mais, curieusement, je n’ai jamais vraiment envisagé Ever After comme un film destiné aux festivals.
Cette fois, je voulais délibérément réaliser un film de genre plus traditionnel, dans le meilleur sens du terme.
Plutôt que de privilégier une démarche artistique ou expérimentale, notre priorité était de créer un film d’horreur divertissant, destiné à un large public.
Trouver une distribution en salles est devenu de plus en plus difficile, particulièrement pour les productions indépendantes.
Malgré cela, Ever After a réussi à bénéficier d’une sortie relativement importante dans plusieurs pays d’Amérique latine, ainsi que d’une distribution au cinéma dans quelques territoires européens.
Malheureusement, nous n’avons pas réussi à trouver de partenaires pour une distribution en salles en France ou en Belgique.
Nous avons donc décidé de privilégier une sortie directement en numérique sur ces marchés.
Le film est actuellement disponible en anglais, et nous préparons également des sous-titres français, qui devraient être prêts d’ici une à deux semaines.
10. Supernatural, un nouveau thriller avec Mark Sheppard et Ever After 2

HorreurNews : Pour terminer, nous aimerions en savoir davantage sur vos goûts de passionné de cinéma d’horreur. Quels films ou réalisateurs vous ont le plus influencé ? Et que pouvez-vous nous révéler sur vos prochains projets ? Devons-nous nous attendre à vous retrouver dans l’horreur à l’avenir ?
László Illés : Je sais que vous m’avez interrogé sur les films et les réalisateurs, mais j’aimerais commencer par mentionner une série télévisée : Supernatural.
Je suis un immense fan de cette série depuis des années, et c’est notamment pour cette raison que je souhaitais travailler avec Mark Sheppard depuis si longtemps.
En réalité, nous préparons maintenant un autre film ensemble, cette fois avec Mark dans le rôle principal.
Il s’agit d’un thriller très sombre, situé en Hongrie à deux époques différentes, 1944 et 1949, pendant et après la Seconde Guerre mondiale.
C’est une histoire assez inhabituelle, aussi bien par son sujet que par la manière dont nous souhaitons la raconter. C’est un projet qui m’enthousiasme énormément.
Concernant Ever After, il existe également la possibilité d’une suite.
Tout dépendra des performances commerciales du film.
Si la sortie se passe bien, j’espère que nous pourrons tourner un deuxième volet dès l’été prochain.
C’est une autre réalité du cinéma indépendant que les gens oublient parfois.
Nous travaillons avec des investisseurs et, tout comme les grandes productions des studios, nos films doivent générer des recettes si nous voulons continuer à en réaliser.
Alors oui, il pourrait bien y avoir encore beaucoup d’horreur dans mon avenir.
Mais pour le moment, je suis surtout très curieux de découvrir comment les spectateurs du monde entier vont accueillir Ever After.
Ever After : des ambitions qui pourraient dépasser ce premier film
Au fil de cet entretien, László Illés dessine le portrait d’une production indépendante qui a misé sur deux éléments essentiels : une distribution réunissant plusieurs personnalités incontournables du cinéma de genre et des effets spéciaux majoritairement réalisés de manière traditionnelle.
Le réalisateur ne cache ni les contraintes financières ni les compromis nécessaires pour mener à bien son projet. Mais son attachement au cinéma d’horreur populaire, au plaisir du spectacle et aux interprètes qui l’ont marqué apparaît clairement.
Pour le public français et belge, l’annonce de sous-titres français en préparation constitue une nouvelle encourageante, même si aucune date précise de disponibilité n’a encore été confirmée.
Les perspectives autour d’un nouveau thriller historique avec Mark Sheppard et d’une éventuelle suite à Ever After méritent également une attention particulière. Le second volet reste toutefois conditionné au succès commercial de ce premier film.
Avec ses contes de fées meurtriers, ses monstres physiques et son casting inhabituel pour une production de cette taille, Ever After entend avant tout rappeler qu’un film d’horreur peut aussi revendiquer le simple plaisir du divertissement.
HorreurNews remercie chaleureusement László Illés pour sa disponibilité, ses réponses détaillées et le partage de documents exclusifs issus des coulisses du film.



Laisser un commentaire