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“RoboCop” : Dan Stevens veut faire de la série Prime Video une satire de la police moderne

Le futur interprète d'Alex Murphy revient sur son arrivée dans la série et sur la dimension politique du classique de Paul Verhoeven, qu'il juge toujours aussi pertinente.

Dan Stevens s’est exprimé sur la future série RoboCop de Prime Video dans un entretien accordé à Entertainment Weekly le 30 octobre 2026. Choisi pour incarner Alex Murphy, le policier transformé en cyborg, l’acteur souhaite retrouver l’esprit provocateur du film de Paul Verhoeven tout en exploitant son potentiel pour dénoncer les dérives contemporaines du pouvoir policier et des grandes entreprises technologiques.

Cette nouvelle prise de parole intervient deux mois après l’annonce de son recrutement dans la série de huit épisodes développée par Amazon MGM Studios. Elle confirme surtout l’intérêt personnel de l’acteur pour la portée politique de RoboCop, au-delà de son statut de film d’action culte.

Dan Stevens raconte comment il a appris son arrivée dans RoboCop

Dan Stevens
Dan Stevens

Au cours de son entretien avec Entertainment Weekly, Dan Stevens revient sur les circonstances assez particulières de l’annonce de son rôle.

L’acteur se trouvait sur le tournage de Dexter: Resurrection, où il interprète le tueur Lucas Stark, lorsque sa participation à RoboCop a été rendue publique.

Il explique avoir entretenu le suspense auprès du producteur Scott Reynolds, sans pouvoir révéler le nom du projet. Lorsque l’annonce est finalement tombée, Michael C. Hall, la vedette de Dexter, est venu personnellement le féliciter.

Un moment que Stevens décrit comme surréaliste, d’autant que le film original de 1987 a profondément marqué sa jeunesse.

L’enthousiasme ne se limitait d’ailleurs pas à ses collègues. Selon l’acteur, l’annonce a provoqué une vague inattendue de messages d’amis et de connaissances, dont certains ne lui avaient plus donné de nouvelles depuis une vingtaine d’années.

Cette réaction illustre l’attachement que conserve le public à RoboCop, près de quarante ans après sa première apparition au cinéma.

Une satire du pouvoir policier et des entreprises technologiques

C’est toutefois sur la dimension politique de la franchise que Dan Stevens livre ses observations les plus intéressantes.

L’acteur estime que deux éléments ont fait la singularité du RoboCop de Paul Verhoeven : sa violence extrême et sa satire sociale. Mais il considère surtout que l’univers imaginé à la fin des années 1980 constitue toujours un terrain particulièrement fertile pour commenter les dérives de la société contemporaine.

Il évoque notamment le complexe industrialo-policier, c’est-à-dire les relations entre les institutions chargées du maintien de l’ordre, les industriels et les intérêts économiques qui gravitent autour des technologies de sécurité.

Une réflexion directement liée aux fondations de la franchise.

Dans le film original, la multinationale Omni Consumer Products prend progressivement le contrôle des services publics de Detroit, jusqu’à transformer un policier assassiné en produit technologique destiné à servir ses intérêts.

Derrière les fusillades particulièrement sanglantes, Verhoeven dénonçait déjà la privatisation de la sécurité, le cynisme des grandes entreprises, la propagande médiatique et la marchandisation de l’être humain.

En 2026, ces thèmes peuvent notamment trouver un écho dans les débats sur la surveillance automatisée, l’intelligence artificielle et l’utilisation de technologies privées par les forces de l’ordre.

Cette actualisation constitue une piste de lecture particulièrement intéressante, même si Dan Stevens n’a pas encore dévoilé les choix narratifs définitifs de la série.

Il ne s’agit donc pas d’une confirmation que tous ces sujets seront explicitement développés à l’écran, mais plutôt d’une indication sur la manière dont l’acteur comprend l’univers qu’il s’apprête à rejoindre.

Une série de huit épisodes supervisée par James Wan

La nouvelle adaptation de RoboCop sera écrite et supervisée par Peter Ocko, qui occupera les fonctions de scénariste principal et de showrunner.

James Wan participera à la production exécutive via Blumhouse Atomic Monster, aux côtés notamment de Michael Clear et Rob Hackett. Les créateurs du film original, Ed Neumeier et Michael Miner, figurent également parmi les producteurs exécutifs.

La série comptera huit épisodes.

Son intrigue reposera sur une puissante entreprise technologique qui convainc une ville d’intégrer un robot particulièrement performant à ses forces de police. Derrière cette machine se cache cependant la conscience d’un policier décédé, Alex Murphy.

Ce point de départ reprend le conflit central de RoboCop : celui d’un homme dont l’identité et le corps deviennent la propriété d’une entreprise.

Le choix de Dan Stevens, notamment connu pour Legion, The Guest et Abigail, offre à la production un interprète habitué aux personnages psychologiquement complexes.

Son arrivée avait déjà été détaillée dans notre précédent article sur le casting de la série RoboCop.

Le véritable défi : retrouver l’esprit du film de 1987

Cette nouvelle interview rejoint les précédentes déclarations de Dan Stevens, qui avait déjà exprimé son souhait de préserver la violence et la satire du classique de Paul Verhoeven.

Nous étions revenus sur cette ambition dans notre analyse des intentions de Dan Stevens pour RoboCop.

La différence réside désormais dans l’insistance de l’acteur sur la pertinence politique de la franchise.

Le film de 1987 ne se contentait pas de montrer une société futuriste dominée par le crime. Il décrivait un système dans lequel les entreprises pouvaient tirer profit de l’insécurité tout en proposant leurs propres solutions commerciales.

La nouvelle série pourrait ainsi trouver sa véritable identité dans une actualisation de cette critique, plutôt que dans une simple reproduction des scènes les plus spectaculaires du long métrage original.

Après le remake de 2014 porté par Joel Kinnaman, cette adaptation télévisée aura donc la lourde tâche de redonner au personnage sa dimension subversive.

Reste à savoir jusqu’où Prime Video acceptera de pousser cette satire, notamment lorsqu’elle touchera au pouvoir des grandes entreprises technologiques.

À ce jour, aucune date de début de tournage ni de diffusion n’a été communiquée.

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