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“Vincent doit Mourir” traverse l’Atlantique : Blumhouse & Atomic Monster prépare un remake

Le thriller paranoïaque de Stéphan Castang va connaître une nouvelle version américaine, écrite et réalisée par David Leslie Johnson-McGoldrick, vétéran de la saga Conjuring.

Il aura suffi de quelques années pour que Vincent doit mourir passe du cinéma de genre français à Hollywood. Le premier long métrage de Stéphan Castang, sorti en France en 2023, va faire l’objet d’un remake américain de Vincent doit mourir porté par AR Content, Vertigo et Blumhouse Atomic Monster.

Selon Variety, le projet sera écrit et réalisé par David Leslie Johnson-McGoldrick, scénariste bien connu des amateurs d’horreur pour son travail sur Esther, Conjuring 2 : Le Cas Enfield, Conjuring : Sous l’emprise du Diable et plus récemment Conjuring : L’Heure du jugement.

Cette adaptation aura d’ailleurs une importance particulière dans sa carrière : il s’agira de son premier long métrage comme réalisateur.

Un remake de Vincent doit mourir face à un drôle de défi

Vincent doit mourir (2023)
Vincent doit mourir (2023)

Sur le papier, le concept semble presque conçu pour devenir un thriller hollywoodien.

Vincent est un homme parfaitement ordinaire jusqu’au jour où des inconnus commencent, sans raison apparente, à chercher à le tuer. Le phénomène possède une règle aussi simple qu’inquiétante : un contact visuel peut suffire à déclencher une agression.

La situation prend rapidement de l’ampleur et pousse Vincent à fuir une société où n’importe quel passant peut devenir une menace.

Mais réduire Vincent doit mourir à cette mécanique serait passer à côté de ce qui faisait la personnalité du film de Stéphan Castang.

L’original joue constamment avec plusieurs registres : thriller paranoïaque, fantastique, violence physique, comédie noire et récit sentimental. Castang expliquait lui-même avoir été attiré par la manière dont le scénario de Mathieu Naert permettait d’interroger la violence sociale contemporaine, tout en traitant Vincent presque comme un personnage burlesque plongé dans une situation tragique.

C’est précisément ce mélange qui risque d’être le principal enjeu du remake.

Transformer le postulat en pur film de survie serait relativement simple. Préserver son étrangeté, son humour décalé et son refus de fournir immédiatement une explication au phénomène pourrait être beaucoup plus délicat.

De Cannes à Blumhouse Atomic Monster

Vimala Pons et Karim Leklou dans Vincent doit mourir (2023)
Vimala Pons et Karim Leklou dans Vincent doit mourir (2023)

Avant de devenir une propriété susceptible d’intéresser Hollywood, Vincent doit mourir avait suivi un parcours assez inhabituel pour un premier long métrage de genre français.

Porté par Karim Leklou et Vimala Pons, le film avait été présenté en première mondiale en 2023 lors d’une séance spéciale de la Semaine de la Critique du Festival de Cannes.

Il était ensuite sorti dans les salles françaises le 15 novembre 2023 et avait obtenu une nomination au César 2024 du meilleur premier film.

Son parcours international s’était également prolongé dans les festivals : Stéphan Castang avait notamment reçu à Sitges le Citizen Kane Award du meilleur nouveau réalisateur, tandis que Karim Leklou y avait été distingué pour son interprétation.

Le film a ensuite bénéficié d’une nouvelle exposition aux États-Unis. Le 31 octobre 2025, AMC Theatres l’avait notamment programmé pour Halloween dans un double programme avec Hallow Road.

Cette chronologie mérite d’être précisée : contrairement à ce que certaines publications américaines peuvent laisser penser en associant le film à son exploitation de 2025, Vincent doit mourir est bien une production franco-belge de 2023.

David Leslie Johnson-McGoldrick change de fauteuil

Vincent doit mourir (2023)
Vincent doit mourir (2023)

Le choix de David Leslie Johnson-McGoldrick donne également une couleur particulière au projet.

Son expérience se situe jusqu’ici essentiellement du côté de l’écriture. Outre plusieurs épisodes de l’univers Conjuring, il a signé le scénario d’Esther et participé à des productions beaucoup plus imposantes comme Aquaman.

Pour Vincent Must Die, il cumulera cette fois scénario et réalisation.

Le cinéaste en devenir assure avoir immédiatement été séduit par l’univers créé autour du film original et évoque l’occasion de proposer sa propre vision de cette histoire.

La production réunira notamment Alexander Rodnyansky et Michael Kupisk pour AR Content, Roy Lee pour Vertigo Entertainment et Michael Clear pour Blumhouse Atomic Monster.

Pour les amateurs de cinéma fantastique, la présence de Roy Lee est loin d’être anodine : Vertigo s’est notamment fait une spécialité des adaptations et des passages de concepts internationaux vers le cinéma américain.

Ce que le remake devra surtout éviter de perdre

Le potentiel commercial de Vincent doit mourir est évident : une règle immédiatement compréhensible, une menace impossible à identifier et la possibilité de transformer pratiquement chaque rencontre en scène de tension.

Pourtant, le film de Stéphan Castang fonctionnait justement parce qu’il ne se comportait pas comme un simple récit d’épidémie ou d’apocalypse.

La violence y devenait progressivement une manière de parler de l’hostilité entre individus, de l’isolement et de la difficulté à continuer à faire confiance aux autres. Sous ses attaques brutales et parfois absurdes se cachait également une histoire beaucoup plus intime.

Le véritable intérêt du remake ne sera donc probablement pas de savoir comment Hollywood peut rendre le concept plus spectaculaire, mais s’il acceptera de conserver ce qui le rendait bizarre.

Aucun casting ni calendrier de tournage ou de sortie n’a encore été annoncé.

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Source : Variety

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