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Mort de Ryū Murakami à 74 ans : L’auteur d’Audition et figure de l’horreur japonaise s’est éteint

Le romancier japonais, dont l’œuvre sombre et provocatrice a inspiré le film culte de Takashi Miike, est décédé le 17 octobre 2026. Sa disparition a été annoncée par son éditeur.

L’écrivain japonais Ryū Murakami, notamment connu des amateurs de cinéma d’horreur pour son roman Audition, est mort le 17 octobre 2026 à son domicile, à l’âge de 74 ans. La nouvelle a été rendue publique ce vendredi 23 octobre par sa maison d’édition japonaise Gentosha. Auteur d’une quarantaine de romans et recueils de nouvelles, il laisse derrière lui une œuvre marquée par la violence, les traumatismes et les aspects les plus dérangeants de la société japonaise.

Dans un communiqué officiel publié le 23 octobre, Gentosha a rendu hommage à un écrivain qui n’a jamais cessé de bousculer ses lecteurs. Ses obsèques se sont déroulées dans l’intimité familiale.

Audition, le roman qui a marqué le cinéma d’horreur japonais

Ryū Murakami
Ryū Murakami

Pour les passionnés de cinéma de genre, Ryū Murakami restera indissociable d’Audition, son roman publié en 1997 et adapté au cinéma par Takashi Miike en 1999.

L’histoire suit un veuf qui, sous prétexte d’organiser un casting pour un projet audiovisuel, cherche en réalité une nouvelle compagne. Sa rencontre avec la mystérieuse Asami va progressivement transformer cette recherche amoureuse en véritable cauchemar.

Porté par Ryo Ishibashi et Eihi Shiina, le film est devenu une référence de l’horreur japonaise grâce à son mélange de drame psychologique, de malaise et de violence extrême. Derrière ses scènes les plus éprouvantes, Audition explore également les rapports de domination, la manipulation et les blessures laissées par les violences subies.

Le long-métrage figure aujourd’hui parmi les œuvres incontournables du réalisateur. Il est notamment référencé dans notre fiche HorrorVault consacrée à Audition et dans notre sélection des 60 films d’horreur cultes des années 90.

L’influence du roman ne s’arrête d’ailleurs pas à cette adaptation. Une nouvelle version cinématographique, confiée aux frères Christian et Mads Tafdrup, a été annoncée, comme nous l’évoquions dans notre article consacré à la nouvelle adaptation d’Audition.

Un écrivain fasciné par les zones d’ombre de la société

Né en 1952 à Sasebo, au Japon, Ryū Murakami s’était imposé dès 1976 avec son premier roman, Bleu presque transparent (Almost Transparent Blue), récompensé par le prestigieux prix Akutagawa. Le livre dressait un portrait sans concession d’une jeunesse japonaise désabusée, confrontée à la drogue, à la sexualité et à la violence.

Il poursuivra cette exploration des marges de la société dans Les Bébés de la consigne automatique (Coin Locker Babies), Miso Soup (In the Miso Soup) ou encore Piercing.

Son écriture, souvent provocatrice et teintée d’humour noir, s’intéressait autant à la brutalité physique qu’aux mécanismes psychologiques et sociaux qui la rendent possible. Plusieurs de ses romans ont ainsi trouvé leur chemin vers le cinéma, un univers dans lequel il a également travaillé comme réalisateur.

Selon The Guardian, qui a relayé l’annonce de sa disparition, Ryū Murakami aura publié plus de 40 romans et recueils au cours de sa carrière.

Avec sa disparition, la littérature japonaise perd une voix singulière, capable de mêler critique sociale, noirceur et horreur sans chercher à rassurer son lecteur. Et pour les spectateurs qui ont découvert son univers grâce à Audition, certaines scènes continueront longtemps de rappeler à quel point ses histoires pouvaient être difficiles à oublier.

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