
“Trees Are Watching” : Martin Scorsese rejoint le film d’horreur avec Eva Green
Le cinéaste devient producteur exécutif du nouveau film d’horreur psychologique de Bahman Ghobadi, où Eva Green affronte souvenirs, légende kurde et nature menaçante.
Martin Scorsese rejoint Trees Are Watching, le nouveau film d’horreur psychologique de Bahman Ghobadi porté par Eva Green. Le cinéaste oscarisé officiera comme producteur exécutif sur ce projet mêlant traumatisme, légende kurde et destruction de la nature, alors que le film s’apprête à être présenté en première mondiale au Festival international du film de Toronto.
L’arrivée de Martin Scorsese donne ainsi une visibilité supplémentaire à un projet qui s’annonce nettement plus singulier qu’un simple thriller surnaturel. Derrière son récit de maison hantée et de souvenirs enfouis, Trees Are Watching semble vouloir faire de la nature elle-même une présence menaçante.
Martin Scorsese rejoint Trees Are Watching comme producteur exécutif

Martin Scorsese ne réalisera pas Trees Are Watching, mais accompagnera le film en tant que producteur exécutif.
Cette participation n’est pas totalement inattendue. Scorsese entretient depuis plusieurs années une relation avec Bahman Ghobadi et avait notamment présenté Rhino Season, l’un de ses films précédents, lors de sa première mondiale au TIFF en 2012.
Pour Trees Are Watching, Martin Scorsese rejoint les producteurs exécutifs Lucas Akoskin et Bahoz Nasradin. Le film est produit par Seyfi Sahin, Bahman Ghobadi, Lydia Dean Pilcher et Golriz Ehtiati.
Le projet est présenté par Open the Door et produit par MIJ Film.
De quoi parle Trees Are Watching avec Eva Green ?

Eva Green incarne Darya, une romancière qui retourne dans sa ville natale de Mardin en compagnie de sa fille sourde.
Ce retour sur les lieux de son enfance va progressivement réveiller des souvenirs qu’elle aurait probablement préféré laisser enfouis. Le passé de Darya, une ancienne légende kurde et la destruction du paysage environnant commencent à s’entremêler jusqu’à brouiller les frontières entre mémoire, culpabilité et menace surnaturelle.
Au centre du récit se trouvent également deux arbres liés au souvenir de jumelles que Darya connaissait autrefois.
Le TIFF décrit Trees Are Watching comme une œuvre mêlant horreur psychologique et allégorie écologique, avec notamment une étrange chaise en bois et deux arbres dont la présence semble peser de plus en plus lourdement sur son héroïne.
Une proposition qui semble donc s’éloigner de l’horreur traditionnelle pour utiliser le fantastique comme prolongement d’un traumatisme personnel et collectif.
Trees Are Watching transforme la nature en source d’horreur

Le titre du film donne déjà une indication : dans Trees Are Watching, la nature ne devrait pas se contenter de servir de décor.
Les arbres observent.
Et cette idée pourrait bien résumer toute l’ambition du projet.
Bahman Ghobadi explique avoir notamment nourri Trees Are Watching des cauchemars qui l’accompagnent depuis ses longues années d’exil, mais aussi de ses réflexions sur la relation entre l’être humain et le monde naturel.
La déforestation entourant la maison de Darya prend alors une dimension qui dépasse largement le simple cadre visuel. À mesure que le paysage disparaît, ce qui subsiste semble au contraire gagner en présence.
Trees Are Watching pourrait ainsi s’inscrire dans une forme d’éco-horreur, où la destruction de l’environnement n’est plus seulement une toile de fond mais devient l’un des moteurs du malaise.
Un thème particulièrement intéressant chez Bahman Ghobadi, dont plusieurs films précédents accordaient déjà une place importante aux paysages et à leur influence sur ceux qui les traversent.
Bahman Ghobadi passe à l’horreur psychologique
Bahman Ghobadi est notamment connu pour Un temps pour l’ivresse des chevaux, Les Tortues volent aussi et Rhino Season.
Son cinéma s’est souvent intéressé au peuple kurde, à l’exil, à la guerre, aux frontières et aux individus contraints de survivre dans des environnements hostiles.
Trees Are Watching semble prolonger certaines de ces préoccupations tout en les faisant basculer vers le cinéma de genre.
Le réalisateur a lui-même écrit le scénario du film.
Plutôt que d’abandonner ses thèmes habituels pour réaliser un film d’horreur plus conventionnel, Ghobadi paraît donc utiliser les codes du genre pour parler autrement de mémoire, de déplacement et de destruction.
C’est probablement là que Trees Are Watching pourrait trouver sa véritable identité.
Eva Green retrouve un univers sombre et surnaturel
Le choix d’Eva Green pour incarner Darya paraît particulièrement adapté au projet.
L’actrice française possède déjà une longue histoire avec les univers gothiques, fantastiques ou horrifiques, notamment grâce à Penny Dreadful et Nocebo.
Trees Are Watching devrait néanmoins lui offrir un registre différent.
Darya n’est pas seulement confrontée à une éventuelle menace surnaturelle : elle revient dans un lieu chargé de souvenirs, où la disparition progressive de la nature semble entrer en résonance avec ses propres traumatismes.
Le film repose donc largement sur son point de vue et sur la manière dont réalité, souvenirs et manifestations inquiétantes devraient progressivement se confondre.
Quand sort Trees Are Watching ?
Trees Are Watching doit être présenté en première mondiale au Festival international du film de Toronto 2026, dans la section Centrepiece. Sa projection est programmée le 18 septembre 2026.
Aucune date de sortie française n’a pour le moment été communiquée.
Avec Eva Green devant la caméra, Bahman Ghobadi à la réalisation et désormais Martin Scorsese parmi les producteurs exécutifs, Trees Are Watching possède en tout cas plusieurs arguments pour attirer l’attention des amateurs d’horreur psychologique.
Mais c’est surtout son mélange entre folklore kurde, culpabilité, exil et éco-horreur qui pourrait en faire l’une des curiosités à surveiller après sa présentation à Toronto.
Source : Deadline


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