
“River” : Jane Levy et Jessica Rothe dans le nouveau slasher de Shudder
Pour son premier long métrage, Joshua Giuliano réunit deux figures de l’horreur moderne dans un slasher volontairement dépouillé qui ouvre le Midnight Madness du TIFF 2026.
Avec River, Jane Levy revient sur un terrain qu’elle connaît particulièrement bien : celui d’un cinéma d’horreur où survivre dépend moins de la force que de la capacité à ne jamais baisser la garde. Mais cette fois, la star d’Evil Dead et Don’t Breathe ne sera pas seule. Jessica Rothe, héroïne des deux Happy Death Day, l’accompagne dans un nouveau slasher acquis par Shudder et Independent Film Company.
Le film marque surtout le passage au long métrage de Joshua Giuliano, qui semble avoir choisi la simplicité comme principe directeur : quelques personnages isolés, un environnement dont il devient difficile de s’échapper et un tueur dont la présence suffit à transformer chaque minute en menace.
River : Jane Levy et Jessica Rothe réunies dans un piège à ciel ouvert

L’histoire commence pourtant loin des codes habituels du slasher adolescent. Deux sœurs éloignées l’une de l’autre retrouvent leur jeune frère afin d’accomplir une dernière volonté familiale : disperser les cendres de leur père sur une rivière reculée.
Jane Levy et Jessica Rothe incarnent les deux sœurs, tandis que Max Mattern joue leur frère.
Le voyage bascule lorsque leur embarcation tombe en panne sous un pont abandonné. Immobilisés au milieu d’une zone isolée, les trois membres de la famille découvrent alors qu’un homme les observe depuis la rive.
Ce mystérieux tueur sans visage est interprété par Dane DiLiegro, dont le physique avait déjà été largement exploité dans Prey, où il incarnait le Predator.
Le décor aquatique pourrait d’ailleurs constituer l’une des particularités les plus intéressantes de River. Là où de nombreux slashers enferment leurs victimes dans une maison, un camp ou une forêt, le film semble jouer sur une autre forme d’emprisonnement : être exposé, voir potentiellement le danger arriver, mais ne disposer d’aucun moyen simple de s’en éloigner.
Un slasher qui veut revenir à l’essentiel

Joshua Giuliano ne cache pas son intention. Le réalisateur souhaite débarrasser le slasher de ce qu’il considère comme superflu pour revenir à son mécanisme le plus élémentaire : des êtres humains poursuivis sans relâche par quelqu’un qui veut les tuer.
Dans ses déclarations relayées par Dread Central, le cinéaste présente la mort comme la véritable force motrice du genre. Peu importe que le tueur soit éliminé : dans l’imaginaire du slasher, la menace finit toujours par revenir.
Cette approche place River à contre-courant d’une partie de l’horreur contemporaine, souvent construite autour de mythologies complexes, de révélations ou de règles surnaturelles. Ici, tout indique que Giuliano cherche avant tout à travailler la poursuite, l’espace et l’attente.
Le programmateur de Midnight Madness Peter Kuplowsky a d’ailleurs particulièrement insisté sur la maîtrise du suspense du réalisateur. Il considère River comme l’un des slashers les plus tendus qu’il ait vus ces dernières années et rapproche l’assurance de Giuliano de celle de John Carpenter.
Une comparaison évidemment très flatteuse avant même que le public ne découvre le film, mais suffisamment inhabituelle pour attirer l’attention.
Deux actrices déjà intimement liées au cinéma d’horreur

Le choix de Jane Levy et Jessica Rothe n’a rien d’anodin.
Jane Levy reste associée au remake extrêmement brutal d’Evil Dead réalisé par Fede Álvarez en 2013, avant de retrouver le cinéaste pour Don’t Breathe. Dans les deux films, elle incarnait déjà des personnages soumis à une violence physique et à une pression presque ininterrompue.
Jessica Rothe représente une autre branche du slasher moderne. Avec Happy Death Day et sa suite, elle avait participé à une relecture beaucoup plus ludique du genre, mêlant meurtre, boucle temporelle et comédie noire.
Les réunir dans un film qui annonce au contraire vouloir réduire le slasher à sa forme la plus primitive crée donc un contraste intéressant. River ne mise pas uniquement sur deux actrices connues : il rassemble deux expériences très différentes de la “final girl” contemporaine.
River prolonge un court métrage remarqué de Joshua Giuliano

River n’est pas totalement né de zéro.
Le long métrage développe les idées de In Sound, We Live Forever, court métrage réalisé par Joshua Giuliano avant son passage au format long. Celui-ci avait notamment été distingué à Fantasia et présenté à Fantastic Fest en 2019, avant d’être diffusé en ligne via Short of the Week et ALTER.
Le passage par Fantastic Fest n’est donc pas anecdotique : plusieurs années après y avoir présenté son court métrage, Giuliano y reviendra avec River pour la première américaine de son premier long métrage.
Le film bénéficie également d’une équipe de production qui connaît parfaitement le cinéma de genre. Steven Schneider, producteur associé à Paranormal Activity et Insidious, produit le projet via Spooky Pictures. Nick Antosca et Alex Hedlund, liés notamment à Brand New Cherry Flavor et Chucky, figurent également parmi les producteurs.
Une première mondiale particulièrement exposée au TIFF 2026
Le Toronto International Film Festival n’a pas réservé une place secondaire à River. Le film a été choisi comme film d’ouverture du programme Midnight Madness, avec une première mondiale programmée le 10 septembre 2026. Il doit ensuite rejoindre Austin pour sa première américaine lors du Fantastic Fest, organisé du 17 au 24 septembre.

Ce parcours constitue déjà un sérieux vote de confiance pour le premier long métrage de Giuliano.
Shudder distribuera ensuite River comme Shudder Original, tandis qu’Independent Film Company s’occupera de son exploitation en salles. Les informations communiquées jusqu’ici ne donnent toutefois pas encore de date de sortie grand public.
Dans une période où le slasher oscille entre héritages de franchises historiques et tentatives de réinvention, River choisit donc une troisième voie : ne pas chercher à compliquer la formule, mais vérifier jusqu’où elle peut encore fonctionner lorsqu’elle est réduite à un lieu, quelques victimes et une silhouette qui refuse de disparaître.
Personnes liées : Jane LevyJessica RotheJoshua Giuliano
Source : Dread Central






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