
“Lust” : Hollywood mise sur Spencer Lackey, nouvelle voix de l’horreur née sur les réseaux
Après avoir bâti une immense communauté grâce à ses courtes vidéos horrifiques, Spencer Lackey prépare son premier long métrage avec un trio de producteurs qui connaît parfaitement le genre.
Hollywood ne cherche plus seulement ses futurs cinéastes dans les festivals ou les écoles de cinéma. Après le phénomène Backrooms de Kane Parsons et le succès spectaculaire de Obsession de Curry Barker, les studios observent désormais de très près les créateurs capables de transformer quelques minutes d’horreur diffusées sur YouTube, TikTok ou Instagram en véritable signature de réalisateur.
Spencer Lackey sera l’un des prochains à tenter ce passage au long métrage avec Lust. Et pour ses débuts, le créateur américain ne sera pas exactement livré à lui-même : Neon, Blumhouse Atomic Monster et Spooky Pictures se sont associés autour du projet.
Selon les informations de The Hollywood Reporter qui a révélé l’existence du film, Lackey écrira et réalisera lui-même Lust. Neon et Blumhouse Atomic Monster participeront au financement, tandis que trois producteurs particulièrement familiers du cinéma horrifique accompagneront le projet : Jason Blum, James Wan et Steven Schneider.
Pour un premier long métrage, difficile d’imaginer parrainage plus significatif.
Lust réunit quelques-uns des producteurs les plus influents de l’horreur moderne

Jason Blum et James Wan travaillent désormais sous la même bannière depuis le rapprochement de Blumhouse et Atomic Monster. À eux deux, leurs sociétés sont associées à plusieurs des franchises les plus importantes de l’horreur contemporaine, de Insidious à The Conjuring, sans oublier M3GAN ou encore Five Nights at Freddy’s.
Steven Schneider apporte un autre type d’expérience. Producteur exécutif du premier Paranormal Activity, il a participé à l’un des exemples les plus célèbres de film horrifique à très petit budget devenu phénomène mondial. Il produira ici Lust pour Spooky Pictures.
Le choix des partenaires est donc loin d’être anodin : tous ont déjà travaillé sur des projets dans lesquels un concept fort, une identité visuelle facilement reconnaissable ou un dispositif de mise en scène simple pouvait devenir un argument commercial majeur.
Le contenu de Lust, en revanche, demeure totalement secret. Aucun synopsis ni détail sur les personnages n’a encore été communiqué. Il serait donc prématuré de déduire le sujet du film à partir de son titre.
Spencer Lackey, des monstres cachés dans le quotidien au cinéma

Lackey s’est fait connaître avec des vidéos horrifiques extrêmement courtes dans lesquelles le surnaturel surgit souvent au milieu de situations parfaitement banales. Un personnage dort, range du linge ou traverse une pièce tandis qu’une silhouette, une créature ou un visage inquiétant apparaît dans un coin de l’image.
Cette mécanique repose moins sur un développement narratif traditionnel que sur l’attente : le spectateur comprend rapidement que quelque chose ne va pas, sans nécessairement savoir où regarder.
Le procédé lui a permis de rassembler plus de six millions d’abonnés cumulés sur Instagram et TikTok, auxquels s’ajoutent près de 669 000 abonnés sur YouTube au moment de l’annonce.
Son parcours ne se limite toutefois pas à une succession de vidéos virales. Lackey est diplômé en interprétation du College-Conservatory of Music de l’Université de Cincinnati, où il a obtenu son BFA en 2017. En 2025, l’établissement le présentait déjà comme un réalisateur ayant transformé ses expériences sur les réseaux sociaux en porte d’entrée vers l’industrie, tout en travaillant avec des étudiants sur la création de formats horrifiques destinés aux écrans numériques.
@spangerlookrey Need to adhere to a strict bed time #horror #ghost #scary #creatorsearchinsights #HorrorTok ♬ original sound – Spencer Lackey
À Halloween dernier, il avait également dévoilé le court métrage You Are Here, auquel Mike Flanagan était associé en tant qu’associate producer. La présence du réalisateur de Doctor Sleep, The Haunting of Hill House et The Fall of the House of Usher constituait déjà un premier rapprochement avec l’industrie du long format.
Lust représente néanmoins un changement d’échelle autrement plus important.
Lust arrive au moment où Hollywood a enfin une raison de prendre YouTube très au sérieux
Pendant longtemps, disposer de millions d’abonnés n’était pas une garantie de réussite au cinéma. Les studios pouvaient y voir un outil promotionnel intéressant sans nécessairement considérer les créateurs comme de futurs réalisateurs.
L’année 2026 a largement rebattu les cartes.
Backrooms, réalisé par Kane Parsons après sa série de vidéos publiée sous le nom Kane Pixels, a signé un démarrage nord-américain de plus de 80 millions de dollars. De son côté, Obsession, réalisé par Curry Barker, a dépassé les 100 millions de dollars sur le marché américain dès ses premières semaines d’exploitation. Les deux films ont notamment bénéficié d’une forte mobilisation du jeune public.

Il devient dès lors beaucoup plus facile de comprendre l’intérêt autour de Spencer Lackey.
Hollywood ne mise pas uniquement sur ses millions d’abonnés. Ces créateurs arrivent avec des années de tests grandeur nature derrière eux : ils savent quelles images retiennent l’attention, comment installer rapidement une menace et quels concepts provoquent une réaction immédiate chez leur public.
Le véritable défi commence lorsque cette grammaire doit tenir pendant 90 minutes.
C’est précisément ce qui rend Lust intéressant. Les vidéos de Lackey sont construites autour de la brièveté, de l’observation et du surgissement. Un long métrage lui demandera de conserver cette capacité à provoquer une inquiétude presque instantanée tout en développant personnages, rythme et narration sur une durée autrement plus importante.
La présence de Blumhouse Atomic Monster, Neon et Spooky Pictures suggère en tout cas qu’Hollywood ne considère plus ce genre de parcours comme une curiosité. Après Kane Parsons et Curry Barker, Spencer Lackey pourrait devenir l’un des nouveaux visages d’une génération de réalisateurs qui n’a pas attendu l’industrie du cinéma pour apprendre à fabriquer de l’horreur — ni pour trouver son public.
Personnes liées : Curry BarkerKane ParsonsJames Wan
Source : The Hollywood Reporter






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