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“RoboCop” : Dan Stevens veut préserver la violence et la satire dans la série de Prime Video

L’acteur choisi pour incarner RoboCop dans la future série de Prime Video considère le film de Paul Verhoeven comme l’un de ses favoris et veut en préserver les éléments les plus radicaux.

Avant même d’enfiler l’armure de RoboCop, Dan Stevens semble avoir parfaitement identifié le piège qui attend la nouvelle série de Prime Video : reprendre l’apparence du personnage sans conserver ce qui rendait le film de Paul Verhoeven aussi féroce.

L’acteur, récemment choisi pour prendre la relève de Peter Weller, ne souhaite manifestement pas d’un RoboCop simplement transformé en héros de science-fiction moderne. Dans un entretien accordé à ComicBook, et relayé notamment par Dread Central, Stevens a expliqué espérer préserver deux composantes fondamentales du classique de 1987 : sa violence extrême et sa dimension satirique.

Un choix de mots loin d’être anodin pour une franchise dont les différentes incarnations n’ont pas toujours réussi à retrouver cet équilibre.

La série RoboCop de Prime Video ne devra pas seulement miser sur l’armure

Jon Davison et Kevin Page dans RoboCop (1987)
Jon Davison et Kevin Page dans RoboCop (1987)

Dan Stevens ne cache pas son attachement au premier film. L’acteur présente le RoboCop de 1987 comme l’un de ses films préférés et se souvient notamment de son impact par la brutalité de certaines scènes, mais aussi par la manière dont cette violence cohabite avec un humour particulièrement noir.

Interrogé par ComicBook sur ce qu’il souhaitait conserver, il a ainsi désigné « la violence extrême » et « la satire » comme deux éléments qu’il espère retrouver dans la série.

C’est probablement là que se jouera une bonne partie de l’identité de cette nouvelle adaptation.

Paul McCrane dans RoboCop (1987)
Paul McCrane dans RoboCop (1987)

Car derrière son policier transformé en machine, le film de Paul Verhoeven n’a jamais été une simple histoire de cyborg éliminant des criminels. Son Detroit en décomposition permettait au réalisateur et aux scénaristes Edward Neumeier et Michael Miner d’attaquer frontalement la privatisation des services publics, la toute-puissance des grandes entreprises, le consumérisme et la transformation de chaque aspect de la société en produit commercial.

La violence participait elle aussi au propos. Exagérée jusqu’au grotesque, parfois presque insoutenable, elle contribuait à faire de RoboCop un film situé à la frontière de la science-fiction, du film d’action et d’une forme de body horror mécanique. La mort d’Alex Murphy puis sa reconstruction en propriété industrielle d’OCP donnent d’ailleurs au personnage une dimension corporelle particulièrement sombre que les suites et adaptations suivantes ont exploitée avec des fortunes diverses.

Dan Stevens arrive après plusieurs tentatives de réinventer RoboCop

Dan Stevens dans Zero Day (2025)
Dan Stevens dans Zero Day (2025)

Cette fidélité revendiquée au film original prend davantage de poids lorsqu’on regarde l’histoire de la franchise.

Après RoboCop 2 en 1990 et RoboCop 3 en 1993, le personnage a connu plusieurs prolongements à la télévision avant de revenir au cinéma en 2014 avec le remake réalisé par José Padilha, dans lequel Joel Kinnaman incarnait Alex Murphy.

Cette nouvelle version avait choisi une approche différente du matériau de 1987, notamment dans son traitement de la violence et de la transformation du personnage. Elle n’a cependant jamais remplacé le film de Verhoeven dans l’imaginaire collectif.

La future production de Prime Video dispose désormais d’un autre avantage : elle prendra la forme d’une série de huit épisodes, offrant davantage de temps pour développer son univers dystopique et la relation entre l’homme, la machine et l’entreprise qui prétend le posséder.

Le projet sera écrit et dirigé créativement par Peter Ocko, qui officiera comme showrunner et producteur exécutif. James Wan, Michael Clear et Rob Hackett figurent également parmi les producteurs exécutifs.

Surtout, Ed Neumeier, co-scénariste et co-créateur du RoboCop original, participe lui aussi à la série en tant que producteur exécutif. Sa présence ne garantit évidemment pas que la nouvelle adaptation retrouvera la brutalité satirique de 1987, mais elle maintient un lien direct avec l’œuvre de Verhoeven.

Un RoboCop peut-être encore plus pertinent aujourd’hui

Peter Weller dans RoboCop (1987)
Peter Weller dans RoboCop (1987)

Il existe enfin une ironie difficile à ignorer : une série consacrée à un monde dans lequel une gigantesque entreprise technologique obtient une influence considérable sur la police est aujourd’hui produite pour une plateforme appartenant elle-même à l’un des plus grands groupes technologiques au monde.

C’est précisément pour cette raison que la satire évoquée par Dan Stevens sera probablement plus importante encore que la quantité de sang montrée à l’écran.

Le RoboCop de 1987 fonctionnait parce qu’il poussait certaines tendances économiques et sociales de son époque jusqu’à l’absurde. Près de quarante ans plus tard, une adaptation qui se contenterait de reproduire les fusillades, ED-209 et l’armure métallique sans actualiser cette observation du pouvoir des entreprises passerait à côté d’une grande partie du concept.

À ce stade, Prime Video n’a pas précisé jusqu’où la série pourra aller dans sa violence, et les déclarations de Stevens expriment ses attentes personnelles plutôt qu’une confirmation concernant le ton définitif du programme.

Mais le fait que le futur RoboCop cite spontanément la violence et la satire plutôt que les armes, l’armure ou les scènes d’action est déjà révélateur de sa lecture du personnage.

Pour Alex Murphy, le véritable enjeu n’a finalement jamais été de devenir une machine. C’était de découvrir ce qu’il restait de l’homme lorsque l’entreprise qui l’avait reconstruit considérait qu’elle l’avait également acheté.

Sources : ComicBook pour les déclarations de Dan Stevens, et Dread Central pour les informations entourant son arrivée dans la série.

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